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/Histoire-géographie · Sixième/Alexandre le Grand et le monde hellénistique

Chapitre 10 · Le monde grec

Alexandre le Grand et le monde hellénistique

De la Macédoine à l’Indus en treize ans : les conquêtes d’Alexandre, Alexandrie et la diffusion de la culture grecque.

Le cours · 10 notionsExercices · 4

Sommaire

Le cours1. La Macédoine, un royaume au nord de la Grèce2. La conquête de l’Empire perse3. Un empire immense et fragile4. Le monde hellénistique et Alexandrie5. Comment connaît-on Alexandre ?Les exercices

Le cours

Un collégien et sa sœur, assis sur un canapé, regardent à la télévision un documentaire où des plongeurs examinent d’énormes blocs de pierre et une statue engloutis au fond de la mer.

À quoi ça sert ?

Des plongeurs dans le port d’Alexandrie

Un soir, Adam regarde avec sa sœur un documentaire : au fond du port d’Alexandrie, en Égypte, des plongeurs explorent d’énormes blocs de pierre et des statues. Ils viennent peut-être du célèbre phare d’Alexandrie, l’une des Sept Merveilles du monde, effondré au Moyen Âge. Le commentateur précise que la ville porte le nom de son fondateur, Alexandre le Grand, un roi qui a conquis, en à peine treize ans, un empire allant de la Grèce jusqu’à l’Indus.

Adam se pose des questions : comment un seul homme a-t-il pu conquérir autant de terres ? Pourquoi une ville d’Égypte porte-t-elle un nom grec ? Et comment sait-on tout cela, plus de 2 300 ans après ? Les mots « phare » et « nœud gordien », que tu entendras peut-être au journal, viennent d’ailleurs de cette histoire. Comprendre Alexandre, c’est aussi apprendre à se méfier des récits qui fabriquent des héros.

À retenir

1. La Macédoine, un royaume au nord de la Grèce

  • Au nord du monde des cités grecques se trouve le royaume de Macédoine, capitale Pella. Ce n’est pas une cité mais une monarchie : un roi y gouverne. Ses rois se disent descendants d’Héraclès et parlent grec, mais certains Athéniens les traitent de barbares.
  • Le roi Philippe II (359-336 av. J.-C.) crée une armée redoutable : la phalange, un bloc de fantassins armés d’une très longue lance, la sarisse (5 à 6 mètres), et une puissante cavalerie.
  • En 338 av. J.-C., à Chéronée, il bat Athènes et Thèbes : les cités grecques passent sous son contrôle. Il prépare une guerre contre l’Empire perse, mais il est assassiné en 336.
  • Son fils Alexandre, né en 356, a eu pour maître le philosophe Aristote (vers 343-340). Il devient roi à 20 ans et règne de 336 à 323 av. J.-C.

À retenir

2. La conquête de l’Empire perse

En 334, Alexandre passe en Asie avec 35 000 à 40 000 soldats pour attaquer l’Empire perse du roi Darius III, le plus vaste empire de l’époque.

334 av. J.-C.victoire du Granique (Asie Mineure)
333 av. J.-C.victoire d’Issos sur Darius III, qui s’enfuit
332-331 av. J.-C.conquête de l’Égypte ; fondation d’Alexandrie (331) ; l’oracle d’Amon le salue comme fils du dieu
331 av. J.-C.victoire décisive de Gaugamèles (Mésopotamie)
330 av. J.-C.incendie de Persépolis ; Darius III est assassiné par les siens
326 av. J.-C.arrivée dans la vallée de l’Indus ; ses soldats épuisés refusent d’aller plus loin
323 av. J.-C.mort d’Alexandre à Babylone, à 32 ans

À retenir

3. Un empire immense et fragile

  • L’empire d’Alexandre s’étend de la Grèce et de l’Égypte jusqu’à l’Indus : environ 5 millions de km², près de dix fois la France.
  • Alexandre gouverne en roi conquérant : il fonde des cités (plusieurs Alexandrie), garde des gouverneurs perses, adopte certaines coutumes perses et épouse des princesses d’Asie, dont Roxane. En Égypte, il se présente comme le successeur des pharaons.
  • À sa mort, il n’a pas d’héritier adulte. Ses généraux, les diadoques (« successeurs »), se disputent et se partagent l’empire en royaumes : l’Égypte pour Ptolémée, l’Asie pour Séleucos, la Macédoine pour la famille d’Antigone.

À retenir

4. Le monde hellénistique et Alexandrie

  • De 323 à 30 av. J.-C. (mort de Cléopâtre, dernière reine d’Égypte, conquise par Rome), c’est l’époque hellénistique : la culture grecque se diffuse de la Méditerranée à l’Asie centrale. Le grec devient la langue commune des échanges (la koinè) ; on construit des gymnases et des théâtres jusqu’en Afghanistan (Aï Khanoum).
  • Alexandrie devient la plus grande ville de Méditerranée. Les Ptolémées y créent la Bibliothèque, qui cherche à rassembler tous les livres connus, et un centre de savants, le Musée. Euclide y enseigne la géométrie ; Ératosthène y calcule la circonférence de la Terre.
  • Le phare, construit vers 280 av. J.-C. sur l’île de Pharos, haut de plus de 100 mètres selon les estimations, guide les navires. Il a donné son nom à tous les phares.

À retenir

5. Comment connaît-on Alexandre ?

Les récits écrits par des compagnons d’Alexandre sont perdus. Nos principales sources ont été écrites des siècles plus tard, à partir de ces textes disparus : il faut les critiquer.

SourceDateÀ retenir
Plutarque, Vie d’Alexandrevers 100 ap. J.-C.veut peindre un caractère, aime les anecdotes
Arrien, AnabaseIIe siècle ap. J.-C.suit les récits perdus de Ptolémée et d’Aristobule, compagnons d’Alexandre
Monnaies, inscriptions, ruinesde l’époquesources contemporaines, mais souvent faites pour la gloire du roi

Presque toutes ces sources sont grecques ou romaines : on connaît mal le point de vue des Perses et des peuples conquis.

Expérimente

Sur les pas d’Alexandre

Suis la conquête étape par étape, de la Macédoine à l’Indus. Note les dates, les grandes batailles et la distance parcourue.

Pella

336 av. J.-C. · Pella. À 20 ans, Alexandre devient roi de Macédoine après l'assassinat de son père Philippe II. Distance parcourue depuis Pella, d'étape en étape à vol d'oiseau : environ 0 km (en réalité bien plus, à pied et à cheval).

Exemple

Raisonner en historien

Le récit : à Gordion, en 333 av. J.-C., un char était attaché par un nœud inextricable ; un oracle promettait l’Asie à celui qui le déferait. Alexandre l’aurait tranché d’un coup d’épée. La source : Arrien, qui écrit plus de 450 ans plus tard, donne deux versions : l’épée, ou bien, selon Aristobule, Alexandre aurait simplement retiré la cheville qui tenait le nœud. Raisonnement : les deux versions ne peuvent pas être vraies en même temps, et aucune trace matérielle ne permet de trancher. Le passage d’Alexandre à Gordion est probable ; le geste précis reste incertain. Conclusion : la version de l’épée s’est imposée parce qu’elle donne l’image d’un héros qui règle tout par la force. « Trancher le nœud gordien » veut encore dire résoudre un problème d’un geste radical.

Attention

Méthode : critiquer une source. Pose quatre questions. Qui écrit (un Grec, un Romain, un compagnon d’Alexandre) ? Quand : calcule l’écart avec les faits (de 323 av. J.-C. à 100 ap. J.-C. : 323 + 100 = environ 420 ans). D’où vient l’information : l’auteur a-t-il vu, ou recopie-t-il des textes perdus ? Pourquoi écrit-il : raconter, glorifier, faire réfléchir ? Puis confronte avec d’autres sources : monnaies, ruines, autres auteurs.

Attention

Rappel du CM. Tu as appris que Rome a conquis la Gaule avec César en 52 av. J.-C. À la même époque, Rome s’empare aussi des royaumes nés de l’empire d’Alexandre : le dernier, l’Égypte de Cléopâtre, tombe en 30 av. J.-C. Mais les Romains adoptent à leur tour la culture grecque.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Le roi de MacédoinePhilippe II, Aristote, Darius, Alexandrie : les repères essentiels.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Jusqu’à l’IndusDater les conquêtes, calculer des durées, lire Plutarque et Arrien.
    Pas encore joué
    En situationDocumentaire, musée, expressions : Alexandre autour de toi.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Démêler le mythe d’AlexandreSources tardives, monnaies, hypothèses : enquêter comme un historien.
    Pas encore joué