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/Histoire-géographie · Sixième/Les chrétiens dans l’Empire romain

Chapitre 14 · Celtes, Rome et l'Empire

Les chrétiens dans l’Empire romain

De Jésus de Nazareth à Théodose : comment une petite communauté persécutée devient la religion officielle de l’Empire.

Le cours · 9 notionsExercices · 4

Sommaire

Le cours1. Jésus, un Juif de Palestine sous domination romaine2. Les croyances chrétiennes et leur diffusion3. Un monothéisme dans un empire polythéiste : les persécutions4. De la liberté de culte à la religion officielle5. L’Église s’organiseLes exercices

Le cours

Une collégienne et son père visitent les ruines d’un amphithéâtre romain à Lyon, sur la colline de la Croix-Rousse ; ils lisent un panneau d’information devant les gradins en pierre.

À quoi ça sert ?

Un panneau dans un amphithéâtre de Lyon

En visitant Lyon avec son père, Chloé découvre les ruines de l’amphithéâtre des Trois Gaules. Un panneau explique qu’en 177, une jeune esclave, Blandine, et d’autres chrétiens y ont été mis à mort. Le même jour, à la télévision, un documentaire montre la Rome de Constantin et ses premières grandes églises. Comment une religion dont les fidèles étaient exécutés est-elle devenue, en deux siècles, la religion officielle de l’Empire ?

Pour répondre, il faut lire des documents écrits par des chrétiens et par des Romains qui ne l’étaient pas, et toujours distinguer ce que croient les fidèles de ce qu’établissent les historiens. Ces réflexes servent devant un monument, dans un musée ou face à une vidéo qui affirme n’importe quoi. Et le calendrier, le dimanche, les cathédrales de nos villes sont des héritages directs de cette histoire.

À retenir

1. Jésus, un Juif de Palestine sous domination romaine

  • Jésus est un Juif de Galilée, en Palestine, région alors dominée par Rome. Les historiens placent sa naissance vers 6-4 av. J.-C. Il prêche en araméen, entouré de disciples.
  • Il est crucifié à Jérusalem vers 30, sur ordre de Ponce Pilate, le préfet romain de Judée. La crucifixion est un supplice romain réservé aux esclaves et aux non-citoyens.
  • Les principales sources sont les quatre Évangiles (Marc, Matthieu, Luc, Jean), rédigés en grec plusieurs décennies après sa mort (vers 70-100) par des croyants. Avec d’autres textes, ils forment le Nouveau Testament.
  • De rares auteurs non chrétiens le mentionnent : l’historien juif Flavius Josèphe (vers 93) et l’historien romain Tacite (vers 116). Ils confirment son existence et son exécution.
SourceAuteurDate
Évangilesdes chrétiens (croyants)vers 70-100
Antiquités juivesFlavius Josèphe, historien juifvers 93
AnnalesTacite, historien romainvers 116

À retenir

2. Les croyances chrétiennes et leur diffusion

  • Selon les Évangiles, Jésus est ressuscité trois jours après sa mort. Les chrétiens croient en sa résurrection et voient en lui le fils de Dieu et le Messie attendu par les Juifs. « Christ » vient du grec Christos, « celui qui a reçu l’onction », qui traduit l’hébreu « Messie ».
  • Le christianisme est un monothéisme (un seul Dieu), né dans le judaïsme. Il s’en sépare peu à peu au cours du Ier siècle.
  • Les apôtres, disciples de Jésus (comme Pierre), diffusent son message. Paul de Tarse, un Juif citoyen romain, parcourt l’Orient méditerranéen vers 45-58 et écrit des lettres (épîtres) aux communautés de Corinthe, Thessalonique ou Rome.
  • La diffusion profite de l’Empire lui-même : la paix romaine, les routes et les ports, et une langue commune dans l’Orient, le grec. Le christianisme se répand d’abord dans les villes, chez des gens de toutes conditions, y compris des esclaves et des femmes.

À retenir

3. Un monothéisme dans un empire polythéiste : les persécutions

  • Les Romains sont polythéistes et acceptent de nombreux dieux. Mais tous doivent participer au culte impérial : honorer l’empereur et les dieux de Rome par des sacrifices, gage de loyauté.
  • Les chrétiens refusent de sacrifier à d’autres dieux que le leur. On les accuse d’impiété et de mettre en danger la protection des dieux sur l’Empire.
  • Les persécutions sont d’abord locales et intermittentes, puis générales au IIIe siècle. Un martyr (du grec « témoin ») est un chrétien mis à mort pour avoir refusé de renier sa foi.
DatePersécution
64Néron accuse les chrétiens de l’incendie de Rome (à Rome seulement)
177martyrs de Lyon, dont l’esclave Blandine et l’évêque Pothin
250Dèce oblige tous les habitants à sacrifier aux dieux
303-304Dioclétien : la « Grande Persécution », églises détruites, livres brûlés

À retenir

4. De la liberté de culte à la religion officielle

  • En 313, l’empereur Constantin et son collègue Licinius accordent la liberté de culte à tous, chrétiens compris : c’est l’édit de Milan. Constantin favorise ensuite l’Église et se fait baptiser peu avant sa mort, en 337.
  • En 380, l’empereur Théodose fait du christianisme la religion officielle de l’Empire (édit de Thessalonique). En 391-392, il interdit les cultes païens (sacrifices, temples).
  • Renversement complet : en moins de 90 ans, on passe d’une religion persécutée (303) à une religion obligatoire (380-392).
vers 30crucifixion de Jésus
313édit de Milan : liberté de culte
380-392religion officielle, puis interdiction des cultes païens

À retenir

5. L’Église s’organise

  • L’Église (avec une majuscule) désigne l’ensemble des chrétiens et leur organisation ; l’église (minuscule) est le bâtiment.
  • Dans chaque ville, la communauté est dirigée par un évêque (du grec « surveillant »), aidé de prêtres et de diacres. L’évêque de Rome, qui se dit successeur de Pierre, prendra plus tard le titre de pape.
  • On devient chrétien par le baptême. Les fidèles se réunissent le dimanche, jour de la résurrection selon eux, d’abord dans des maisons, puis, après 313, dans de grandes basiliques.
  • Les catacombes de Rome sont des cimetières souterrains, pas des cachettes où l’on vivait.

Exemple

Raisonner en historien

Document : vers 112, Pline le Jeune, gouverneur de la province de Bithynie (nord de l’actuelle Turquie), écrit à l’empereur Trajan. Il demande comment juger les chrétiens qu’on lui dénonce. Ce que le document apprend : les chrétiens se réunissent à jour fixe et chantent pour le Christ « comme à un dieu » ; ceux qui refusent de sacrifier devant la statue de l’empereur sont exécutés. Pourquoi il est précieux : l’auteur n’est pas chrétien, il n’a aucun intérêt à embellir les faits. Ses limites : il ne parle que d’une province, et Pline ne comprend pas vraiment cette religion (il parle de « superstition »). Conclusion : on le croise avec d’autres sources avant de généraliser.

Attention

Méthode : présenter un document et trier les informations. Réponds à cinq questions : quelle nature (lettre, récit, loi) ? Qui l’a écrit, chrétien ou non ? Quand, combien de temps après les faits ? Pour qui et pourquoi ? Ensuite, classe chaque phrase : un fait (vérifiable par plusieurs sources : « Jésus est crucifié sous Ponce Pilate »), une croyance (« les chrétiens croient qu’il est ressuscité ») ou une hypothèse d’historien.

Attention

Rappel du CM. Au CM1, tu as découvert la Gaule romaine et le baptême du roi franc Clovis, vers 500. Cette conversion n’arrive pas de nulle part : depuis le IVe siècle, le christianisme est la religion de l’Empire, et des évêques dirigent déjà les villes de Gaule, comme Lyon depuis le IIe siècle.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Jésus et les premiers chrétiensJésus, les Évangiles, Paul, les persécutions : les repères essentiels.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Persécutions et documentsLire Pline, Tacite et l’édit de Thessalonique, placer les dates sur une frise.
    Pas encore joué
    En situationLyon, catacombes, calendrier, cathédrales : cet héritage autour de toi.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Fait, croyance ou source ?Critiquer un document, débusquer les anachronismes, calculer les durées.
    Pas encore joué