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/Histoire-géographie · Sixième/Le monde grec : des cités unies et rivales

Chapitre 8 · Le monde grec

Le monde grec : des cités unies et rivales

Cités-États, colonies, dieux, Homère et Jeux olympiques : ce qui divise les Grecs et ce qui les rassemble.

Le cours · 9 notionsExercices · 4

Sommaire

Le cours1. Un monde de cités-États indépendantes2. Les colonies, de la mer Noire à Marseille3. Ce qui unit les Grecs4. Des sociétés esclavagistes5. Mythe ou histoire ?Les exercices

Le cours

Une collégienne et son père, sur le Vieux-Port de Marseille, regardent un grand voilier à trois mâts entrer dans le port, entouré de bateaux et d’une foule qui agite les bras.

À quoi ça sert ?

La flamme olympique arrive à Marseille

En mai 2024, Lina est sur le Vieux-Port de Marseille avec son père. Un grand voilier, le Belem, apporte la flamme des Jeux olympiques de Paris. Elle a été allumée quelques semaines plus tôt en Grèce, à Olympie, là où les Jeux sont nés il y a plus de 2 700 ans. Pourquoi faire arriver la flamme précisément à Marseille ? Au Musée d’histoire de la ville, Lina trouve la réponse : sous ses pieds se trouvent les restes d’un port fondé par des marins grecs vers 600 av. J.-C., la colonie de Massalia.

Les Grecs n’avaient pourtant ni pays unique ni roi commun : ils vivaient dans des centaines de petites cités indépendantes, souvent en guerre les unes contre les autres. Comprendre ce qui les divisait et ce qui les rassemblait (une langue, des dieux, des récits, des fêtes) aide à lire un musée, un documentaire, un film tiré de L’Odyssée… et même des mots de tous les jours comme politique, qui vient du grec polis.

À retenir

1. Un monde de cités-États indépendantes

  • Le monde grec s’étend sur la Grèce continentale, les îles de la mer Égée et les côtes de l’Asie Mineure (l’actuelle Turquie). Le relief montagneux et la mer séparent les communautés.
  • Une cité-État (en grec polis) est une communauté de citoyens qui se gouverne elle-même : une ville, souvent avec une citadelle (l’acropole), et la campagne qui l’entoure.
  • Chaque cité est indépendante : elle a ses lois, son armée, sa monnaie, son calendrier et une divinité protectrice (Athéna pour Athènes). Les régimes diffèrent : démocratie à Athènes, deux rois et un petit nombre de citoyens-soldats à Sparte.
  • Il n’existe pas d’État grec unique. Les cités sont rivales et se font souvent la guerre : c’est la diversité du monde grec.

À retenir

2. Les colonies, de la mer Noire à Marseille

  • Du VIIIe au VIe siècle av. J.-C., des Grecs quittent leur cité pour fonder des colonies autour de la Méditerranée et de la mer Noire. Raisons principales : le manque de terres cultivables, la recherche de produits à échanger (métaux, blé), parfois des conflits internes.
  • Une colonie est une nouvelle cité, indépendante. Elle garde des liens (langue, dieux, fêtes) avec sa métropole, la cité-mère qui l’a fondée. Avant de partir, on consulte souvent l’oracle de Delphes.
Colonie (nom actuel)Fondée parDate
Syracuse (Sicile)Corinthevers 733 av. J.-C.
Byzance (Istanbul)Mégarevers 660 av. J.-C.
Cyrène (Libye)Théra (Santorin)vers 630 av. J.-C.
Massalia (Marseille)Phocée (Asie Mineure)vers 600 av. J.-C.

À retenir

3. Ce qui unit les Grecs

  • Une même langue, écrite avec un alphabet emprunté aux Phéniciens, auquel les Grecs ajoutent les voyelles. Ceux qui ne parlent pas grec sont appelés barbares : le mot désigne d’abord « ceux qui ne parlent pas grec », pas des sauvages.
  • Les mêmes dieux : les Grecs sont polythéistes. Les principaux dieux vivent, croient-ils, sur le mont Olympe : Zeus (roi des dieux), Héra, Athéna, Apollon, Poséidon, Aphrodite, Arès…
  • Les mêmes mythes et les poèmes attribués à Homère, mis par écrit au VIIIe siècle av. J.-C. : L’Iliade (un épisode de la guerre de Troie, autour de la colère d’Achille) et L’Odyssée (le long retour d’Ulysse vers son île d’Ithaque).
  • Des sanctuaires panhelléniques, ouverts à tous les Grecs : Delphes, où la Pythie rend les oracles d’Apollon, et Olympie, sanctuaire de Zeus, où se déroulent tous les quatre ans les Jeux olympiques (à partir de 776 av. J.-C. selon la tradition). Une trêve sacrée protège les athlètes et les pèlerins qui s’y rendent. Seuls des hommes grecs libres concourent ; le vainqueur reçoit une couronne d’olivier.

À retenir

4. Des sociétés esclavagistes

  • Dans toutes les cités, la société sépare les libres et les esclaves. Un esclave est une personne qui appartient à un maître : il peut être acheté, vendu, puni ; il n’a aucun droit.
  • On devient esclave le plus souvent comme prisonnier de guerre, victime de pirates, ou parce qu’on est né d’une mère esclave. Les esclaves travaillent dans les maisons, les champs, les ateliers et les mines (comme celles d’argent du Laurion, près d’Athènes).
  • À Sparte, les hilotes, paysans asservis, cultivent la terre pour les citoyens, qui se consacrent à la guerre.
  • Le philosophe Aristote (IVe siècle av. J.-C.) considère l’esclave comme une « propriété qui vit » : pour la plupart des Grecs, l’esclavage est normal. Ce n’est pas un jugement d’historien d’aujourd’hui, mais une idée de l’époque.

À retenir

5. Mythe ou histoire ?

Un mythe est un récit transmis de génération en génération, qui met en scène des dieux et des héros. Il explique le monde (pourquoi les saisons ?) et donne aux Grecs une identité commune. L’histoire, elle, cherche à établir ce qui s’est réellement passé à partir de sources critiquées.

Ce que dit le mytheCe qu’établissent les historiens
Les dieux interviennent dans la guerre de Troie.Une ville, à Hisarlik (Turquie), a été détruite plusieurs fois ; rien ne prouve une guerre telle qu’Homère la raconte.
Ulysse affronte le Cyclope et les sirènes.Aucune trace : ce sont des créatures imaginaires.
Zeus habite sur l’Olympe.C’est une croyance : on peut seulement constater que les Grecs y croyaient et lui bâtissaient des temples.

Exemple

Raisonner en historien

Question : comment sait-on que Marseille a été fondée par des Grecs vers 600 av. J.-C. ? Le récit : selon une légende rapportée par l’historien Justin (d’après Trogue Pompée, un Gaulois du Ier siècle av. J.-C.), le marin grec Protis aurait épousé Gyptis, fille d’un roi gaulois, le jour de son arrivée. Ce texte est écrit plus de 500 ans après les faits : on ne peut pas vérifier l’histoire d’amour. Les traces archéologiques : à Marseille, on a retrouvé des céramiques grecques et des vestiges d’habitat datés des environs de 600 av. J.-C. et du VIe siècle av. J.-C. Conclusion : la fondation grecque vers 600 av. J.-C. est établie ; les détails du récit relèvent de la légende.

Attention

Méthode : présenter un document. Avant de lire un texte, réponds à quatre questions : qui l’a écrit (un Grec, un Romain, un historien moderne) ? Quand (combien de temps après les faits) ? De quoi parle-t-il ? Quelle nature : poème, récit mythique, texte d’historien, inscription ? Puis distingue ce qui est un fait (vérifiable), une croyance (les dieux) et une légende (un récit embelli).

Attention

Rappel du CM. Tu as découvert les Gaulois et la conquête romaine de la Gaule. Bien avant César, les Grecs de Massalia commerçaient déjà avec les Gaulois : ils leur vendaient du vin, de l’huile et des vases, et ont fondé d’autres comptoirs sur la côte, comme Nikaia (Nice) ou Antipolis (Antibes).

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Cités, dieux et hérosPolis, colonies, Olympie, Homère : le vocabulaire du monde grec.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Unité et diversitéLire un document, dater les colonies, comprendre l’esclavage.
    Pas encore joué
    En situationMarseille, flamme olympique, films et mots grecs autour de toi.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Mythe ou histoire ?Troie, Massalia, anachronismes : trier faits, croyances et légendes.
    Pas encore joué