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/Histoire-géographie · Sixième/Les mondes celtes

Chapitre 11 · Celtes, Rome et l'Empire

Les mondes celtes

Princes de Vix, oppida, artisans, druides et guerre des Gaules : les Celtes révélés par l’archéologie, loin des clichés.

Le cours · 9 notionsExercices · 4

Sommaire

Le cours1. Une mosaïque de peuples de l’âge du fer2. Des princes en contact avec la Méditerranée3. Oppida, fermes et artisans4. Dieux, druides et sanctuaires5. La guerre des Gaules et ses tracesLes exercices

Le cours

Une collégienne et son père, dans un musée d’archéologie, observent un immense vase de bronze antique dans une vitrine ; à côté, une maquette de ville fortifiée gauloise avec son rempart de bois et de pierres.

À quoi ça sert ?

Astérix au musée

Pendant les vacances, Jade visite avec son père le musée du Pays Châtillonnais, en Bourgogne. Elle s’attend à voir des casques à ailes et des menhirs, comme dans les albums d’Astérix. Surprise : la vitrine principale abrite un vase de bronze géant, haut de plus d’1,60 m, fabriqué par des Grecs et retrouvé dans la tombe d’une femme celte morte vers 500 av. J.-C. Plus loin, une maquette montre une véritable ville gauloise, avec ses remparts, ses rues et ses ateliers.

Pour comprendre ce qu’elle voit, Jade doit distinguer la bande dessinée de l’histoire, savoir ce que révèle l’archéologie et se méfier des textes écrits par les vainqueurs. Ces outils servent devant un documentaire, un jeu vidéo ou une statue de Vercingétorix : qui raconte, et pourquoi ?

À retenir

1. Une mosaïque de peuples de l’âge du fer

  • À partir du VIIIe siècle av. J.-C., les peuples d’Europe tempérée travaillent le fer : c’est l’âge du fer. Les historiens distinguent un premier âge du fer (dit de Hallstatt, site d’Autriche) et un second âge du fer, dit de La Tène (site de Suisse), de 450 à 50 av. J.-C.
  • Les Celtes ne forment ni un pays ni un empire : ce sont des dizaines de peuples indépendants, de l’Irlande à la Bohême, qui parlent des langues proches et partagent une culture commune (art, croyances, objets), mais se font aussi la guerre.
  • Les Romains appellent Gaulois (Galli) les Celtes qui vivent dans les Gaules (au pluriel : un ensemble de territoires, pas un État), entre le Rhin, les Alpes, les Pyrénées et l’océan.
  • Les Celtes écrivent très peu. On les connaît surtout par l’archéologie (fouilles de tombes, de villes, de fermes) et par des auteurs grecs et romains, qui les décrivent de l’extérieur.

À retenir

2. Des princes en contact avec la Méditerranée

  • Vers 600 av. J.-C., des Grecs venus de Phocée (en Asie Mineure) fondent la colonie de Massalia (Marseille). Elle devient une porte d’entrée du commerce méditerranéen en Gaule.
  • Aux VIIe-Ve siècles av. J.-C., des chefs très riches, que les archéologues appellent « princes », se font enterrer avec des objets de luxe venus de Grèce et d’Étrurie, souvent liés au vin (cratères, cruches, coupes). Les guillemets rappellent qu’on ignore leur titre exact.
  • Ces tombes montrent une société inégale, dominée par une élite qui contrôle les échanges.
RepèreCe qu’il faut retenir
650-550 av. J.-C.début de la période des résidences et tombes « princières »
vers 600 av. J.-C.fondation de Massalia par des Grecs de Phocée
vers 500 av. J.-C.tombe de la « Dame de Vix » (Côte-d’Or) et son cratère grec en bronze de 1,64 m
début du Ve s. av. J.-C.tombe du « prince » de Lavau (Aube), avec son char et son chaudron, fouillée en 2014-2015

À retenir

3. Oppida, fermes et artisans

  • Aux IIe-Ier siècles av. J.-C. apparaissent des oppida (singulier : un oppidum) : de grandes villes fortifiées, souvent sur une hauteur, entourées d’un rempart, avec des quartiers d’artisans, des marchés et des lieux de culte.
  • La grande majorité des Celtes vivent pourtant à la campagne, dans des fermes. Les paysans utilisent l’araire (charrue simple) tirée par des bœufs, la faux ; plus tard, Pline l’Ancien décrit une moissonneuse gauloise poussée par un animal.
  • L’artisanat est très habile : forgerons (outils, épées, cerclage des roues), bijoux en or, émail rouge, céramique. On attribue aux Celtes la diffusion du tonneau en bois.
  • Dès le IIIe siècle av. J.-C., les peuples frappent des monnaies, d’abord imitées de pièces grecques. Ils achètent du vin italien, transporté dans des amphores : on en retrouve des milliers de fragments sur les sites gaulois.
Bibracteoppidum des Éduens, sur le mont Beuvray (Bourgogne), environ 200 hectares
Manchingoppidum de Bavière (Allemagne), rempart d’environ 7 km
La Tènesite au bord du lac de Neuchâtel (Suisse), qui a donné son nom au second âge du fer

À retenir

4. Dieux, druides et sanctuaires

  • Les Celtes sont polythéistes. On connaît des noms de divinités comme Lug, Taranis ou Teutatès ; César, lui, leur donne des noms romains (Mercure, Mars, Jupiter…).
  • Les druides sont des prêtres, mais aussi des savants, des juges et des enseignants. Selon César, ils apprennent leur savoir par cœur et refusent de le mettre par écrit.
  • Les sanctuaires sont des enclos entourés d’un fossé, comme à Gournay-sur-Aronde (Oise) : on y offre aux dieux des animaux, des armes volontairement tordues, des objets précieux.

À retenir

5. La guerre des Gaules et ses traces

  • Le sud de la Gaule est déjà une province romaine (la future Narbonnaise) depuis la fin du IIe siècle av. J.-C. De 58 à 51 av. J.-C., Jules César conquiert le reste : c’est la guerre des Gaules.
  • En 52 av. J.-C., l’Arverne Vercingétorix prend la tête d’une coalition de peuples. Assiégé à Alésia (Côte-d’Or), il se rend à César. Il est emmené à Rome, où il est exécuté quelques années plus tard.
  • Le récit principal, La Guerre des Gaules, a été écrit par César lui-même : un document précieux, mais celui d’un vainqueur qui veut se mettre en valeur à Rome.
  • Commence alors la romanisation : les Gaulois adoptent peu à peu le latin, les villes et les modes de vie romains. Mais les noms de nombreux peuples survivent dans nos noms de lieux.
Peuple gauloisNom actuel
ArvernesAuvergne
PictonsPoitou, Poitiers
ParisiiParis
RèmesReims
AmbiensAmiens

Exemple

Raisonner en historien

Question : César écrit que l’armée gauloise venue secourir Alésia comptait environ 250 000 hommes. Faut-il le croire ? Raisonnement : 1) Qui écrit ? César, le général vainqueur. 2) Pour qui ? Les Romains, qui doivent admirer son génie. 3) Intérêt : plus l’ennemi est nombreux, plus la victoire est glorieuse. 4) Croisement : les fouilles d’Alésia ont confirmé les fossés et les fortifications qu’il décrit, mais aucune trace ne permet de compter les soldats. Conclusion : on retient le siège et la victoire romaine, établis par plusieurs sources ; le chiffre, lui, est probablement exagéré.

Attention

Méthode : démonter un cliché. Pose-toi trois questions. D’où vient l’image ? (une BD, un tableau du XIXe siècle, un film). Que montrent les fouilles ? Aucun casque gaulois à ailes n’a été retrouvé ; les menhirs ont été dressés au Néolithique, des milliers d’années avant les Gaulois. Pourquoi ce cliché existe-t-il ? Au XIXe siècle, on a fait des Gaulois les « ancêtres » héroïques de la France. Une image peut être belle et fausse.

Attention

Rappel du CM. Tu as peut-être appris que Vercingétorix a été vaincu à Alésia en 52 av. J.-C. et que la Gaule est ensuite devenue romaine. En 6e, tu découvres ce qu’il y avait avant : plusieurs siècles de sociétés celtes riches, organisées et ouvertes sur la Méditerranée.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Peuples, oppida et druidesSituer les Celtes dans le temps, connaître le vocabulaire et les grands sites.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    De Vix à AlésiaDater, lire une frise, exploiter un document antique.
    Pas encore joué
    En situationMusées, BD, statues et noms de villes : les Celtes autour de toi.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Archéologue et critiqueCritiquer César, démonter les clichés, calculer des durées.
    Pas encore joué