Chapitre 1 · La matière
États et changements d’état
Solide, liquide, gaz, les six changements d’état, le palier de température et la glace qui prend plus de place.
Le cours

À quoi ça sert ?
La bouteille qui a éclaté dans le congélateur
Tu remplis une bouteille d’eau à ras bord et tu la mets au congélateur pour l’avoir bien fraîche le lendemain. Surprise : la bouteille est déformée, parfois fendue. Pourtant, personne n’a ajouté d’eau. Le même jour, tu fais cuire des pâtes : l’eau bout, et tu pousses le feu au maximum pour aller plus vite. Inutile, car l’eau qui bout ne dépasse pas 100 °C. Comprendre les changements d’état, c’est savoir pourquoi on vide les tuyaux du jardin avant l’hiver, pourquoi on sale les routes, pourquoi tes lunettes se couvrent de buée en entrant au chaud.
À retenir
Les trois états de la matière
- Solide : il a une forme propre et un volume propre. Un caillou garde sa forme quel que soit le récipient. Le sable ou le sucre en poudre « coulent », mais chaque grain est un solide : ce sont des solides en grains.
- Liquide : il a un volume propre mais pas de forme propre : il prend la forme du récipient. Au repos, sa surface libre est plane et horizontale, même si le verre est penché.
- Gaz : il n’a ni forme propre ni volume propre. Il occupe tout l’espace disponible et se comprime : dans une seringue bouchée, on peut réduire le volume d’air en poussant le piston. Un gaz a pourtant une masse : 1 L d’air pèse environ 1,2 g.
À retenir
Les six changements d’état
- Solide → liquide : fusion ; liquide → solide : solidification.
- Liquide → gaz : vaporisation ; gaz → liquide : liquéfaction (on dit aussi condensation liquide).
- Solide → gaz directement : sublimation ; gaz → solide directement : condensation solide.
- Chaque changement d’état est réversible : la fusion et la solidification sont inverses l’une de l’autre, comme la vaporisation et la liquéfaction.
Exemple
L’eau dans la nature et à la maison
- Solide : glacier, banquise, neige, grêle, glaçon, givre.
- Liquide : mer, lac, pluie, rosée, mais aussi nuages, brouillard et buée, qui sont faits de minuscules gouttelettes d’eau liquide.
- Gaz : la vapeur d’eau, présente dans l’air, est invisible. Le « nuage » blanc au-dessus d’une casserole n’est pas de la vapeur : c’est de la vapeur qui s’est déjà liquéfiée en gouttelettes au contact de l’air plus froid.
À retenir
Les températures de changement d’état de l’eau
- L’eau pure fond et se solidifie à la même température : 0 °C.
- Au niveau de la mer, l’eau pure bout à 100 °C. En altitude, elle bout à une température plus basse : environ 85 °C au sommet du mont Blanc. Dans un autocuiseur fermé, elle bout au-dessus de 100 °C.
- Pour lire un thermomètre : repère la valeur d’une petite graduation (écart entre deux nombres écrits divisé par le nombre d’intervalles), puis lis le haut de la colonne. Sous 0, les valeurs sont négatives : −6 °C est plus froid que −4 °C.
À retenir
Le palier de température
Pendant le changement d’état d’un corps pur (comme l’eau pure), la température reste constante, même si l’on continue de chauffer ou de refroidir : sur la courbe température / temps, c’est un palier, une partie horizontale. Pendant tout le palier, les deux états coexistent : de la glace et de l’eau liquide à 0 °C, par exemple.
Pour un mélange (eau salée, chocolat, beurre), on n’observe en général pas de palier net : la température continue de varier pendant le changement d’état. L’eau salée commence à geler en dessous de 0 °C (vers −2 °C pour l’eau de mer). La température d’un palier aide donc à identifier un corps pur.
Expérimente
Chauffer un glaçon
Lance la lecture et regarde la courbe se tracer. Repère les deux paliers : à 0 °C, glace et eau liquide coexistent pendant toute la fusion ; à 100 °C, l’eau bout. Recommence avec l’eau salée : la fusion commence sous 0 °C et la température monte pendant la fusion, pas de palier net.
Lance la lecture : la plaque chauffe régulièrement 200 g de glaçons sortis du congélateur, à −18 °C.
À retenir
La masse se conserve, pas le volume
Lors d’un changement d’état, la masse se conserve : 1 kg d’eau donne 1 kg de glace. Mais le volume change : en gelant, l’eau prend environ 9 % de place en plus (1 L d’eau donne environ 1,09 L de glace). C’est pourquoi la bouteille pleine éclate, pourquoi les tuyaux gèlent et cassent en hiver, et pourquoi la glace flotte : pour un même volume, elle a une masse plus petite que l’eau liquide. La glace n’est pas « moins lourde que l’eau dont elle provient » : elle est plus volumineuse.
À retenir
Évaporation ou ébullition ?
- Ce sont deux formes de vaporisation (liquide → gaz).
- L’évaporation se fait à toute température, lentement, à la surface du liquide : flaque qui sèche, linge sur le fil. Elle est plus rapide avec la chaleur, le vent et une grande surface.
- L’ébullition se fait dans tout le liquide, avec des bulles de vapeur, à une température précise (100 °C pour l’eau au niveau de la mer) : c’est un palier.
Attention
Réflexe devant une courbe : lis d’abord les axes et leurs unités, repère les parties horizontales (paliers = changements d’état) et note leur température et leur durée. Au CM, tu as nommé les états et observé la fusion et la vaporisation. En 6e, on attend des mesures : relever une température, tracer et lire une courbe, identifier un palier, distinguer corps pur et mélange.
Les exercices
Niveau 1 · Découverte
Les bases, pas à pas.Niveau 2 · Entraînement
Les pièges classiques.Niveau 3 · Expert
Pour aller plus loin.