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/Arts plastiques · Sixième/Décrire et analyser une œuvre

Chapitre 9 · Regarder les œuvres

Décrire et analyser une œuvre

Lire un cartel, observer la composition, la lumière, les couleurs et le format, nommer le genre, puis passer de la description à l’interprétation.

Le cours · 11 notionsExercices · 6

Sommaire

Le coursLe cartel, carte d’identité de l’œuvreNature de l’œuvre, format et genreLa composition : comment l’image est organiséeLumière, couleurs, matièreDe la description à l’interprétationLes exercices

Le cours

Dans une salle de musée, un groupe de collégiens assis par terre devant un grand tableau ; une élève prend des notes dans un carnet, un autre montre un détail du doigt.

À quoi ça sert ?

Dire autre chose que « c’est beau »

Sortie au musée : ton professeur te demande de présenter un tableau à la classe en deux minutes. « C’est beau » ou « c’est bizarre » ne suffira pas. Il faut savoir lire le cartel, décrire ce que l’on voit avec des mots précis, repérer les choix de l’artiste (cadrage, lumière, couleurs) et dire quel effet ils produisent sur toi. Les mêmes outils servent à comprendre une affiche de film, une photo de presse ou une publicité, et à réussir tes propres photos.

À retenir

Le cartel, carte d’identité de l’œuvre

  • À côté de chaque œuvre, au musée, le cartel donne : l’artiste, le titre (en italique), la date, la technique (le matériau et le support : « huile sur toile »), les dimensions (hauteur × largeur, en cm) et le lieu de conservation (le musée, la ville).
  • « Vers 1503-1519 » : la date exacte n’est pas connue, ou l’artiste y a travaillé longtemps. Le lieu de conservation n’est pas le lieu de création : Van Gogh a peint sa Chambre en Provence ; elle est aujourd’hui à Paris.
  • Les dimensions sont essentielles : à l’écran, toutes les images ont la même taille. Une reproduction ne montre ni l’échelle, ni la matière, ni l’effet de l’original face à notre corps.

Exemple

Lire un cartel

Portrait d’une femme assise, vue à mi-corps, mains croisées, devant un paysage lointain et brumeux.

Léonard de Vinci

Portrait de Lisa Gherardini, dite La Joconde, vers 1503-1519

huile sur bois (peuplier), 77 × 53 cm

musée du Louvre, Paris

Wikimedia Commons, domaine public

Artiste : Léonard de Vinci. Titre : La Joconde. Date : il y a travaillé de 1503 environ jusqu’à sa mort. Technique : de la peinture à l’huile sur un panneau de bois. Dimensions : 77 × 53 cm, moins qu’une affiche de cinéma : beaucoup de visiteurs sont surpris par sa petite taille. Lieu : le Louvre.

À retenir

Nature de l’œuvre, format et genre

  • Nature : peinture, dessin, estampe, photographie, sculpture, installation, vidéo… En deux ou en trois dimensions ? Figurative (on reconnaît quelque chose) ou abstraite (formes et couleurs pour elles-mêmes) ?
  • Format : portrait (plus haut que large), paysage (plus large que haut), carré, rond… Le nom du format ne dit pas le sujet : un paysage peut être peint en format portrait.
  • Genres : le portrait (une personne), l’autoportrait (l’artiste se représente lui-même), le paysage (la nature, la ville, la mer), la nature morte (des objets inanimés : fruits, vaisselle, gibier), la scène de genre (la vie quotidienne de gens ordinaires) et la peinture d’histoire (un événement, un récit de l’histoire, de la Bible ou des mythes).

À retenir

La composition : comment l’image est organisée

  • Les plans : le premier plan est le plus proche de nous, puis le plan intermédiaire, puis l’arrière-plan, le plus lointain.
  • La ligne d’horizon : haute, elle montre beaucoup de sol, comme vu d’en haut ; basse, elle donne une grande place au ciel.
  • Les lignes de force sont les grandes lignes qui guident l’œil : horizontales (calme, stabilité), verticales (élévation, solennité), diagonales (mouvement, déséquilibre). Une composition en pyramide (en triangle) paraît stable.
  • Le centre d’intérêt est l’endroit où le regard se pose en premier, attiré par la lumière, un contraste, une couleur ou des lignes qui convergent. La symétrie autour d’un axe donne une impression d’ordre et de calme ; l’asymétrie, de vie et de tension.

Exemple

Deux schémas, deux effets

horizon bas, lignes horizontales
diagonales montantes

À gauche, un horizon bas et des horizontales : calme, immensité du ciel. À droite, des diagonales qui montent vers un centre d’intérêt : élan, mouvement, tension.

À retenir

Lumière, couleurs, matière

  • La lumière : d’où vient-elle (une fenêtre, le ciel, une bougie) ? Est-elle douce ou violente ? Un fort contraste de clair et d’obscur s’appelle un clair-obscur ; une lumière placée derrière le sujet, un contre-jour.
  • Les couleurs : chaudes ou froides, vives ou rabattues, complémentaires, en aplats ou en dégradés (voir le chapitre sur la couleur).
  • La matière : surface lisse où l’on ne voit pas le pinceau, ou touches visibles, empâtements, traces du geste.

Expérimente

Le regard qui analyse

Choisis une œuvre et observe-la d’abord sans aide. Puis affiche ses repères un par un : horizon, plans, lignes de force, centre d’intérêt, lumière. Chaque tracé se dessine pour montrer le chemin de l’œil, et un commentaire explique l’effet produit.

Paysage d’hiver vu d’en haut : trois chasseurs et leurs chiens descendent une colline enneigée vers un village et des étangs gelés couverts de patineurs.

Pieter Bruegel l’Ancien

Chasseurs dans la neige, 1565

huile sur bois, 117 × 162 cm

Kunsthistorisches Museum, Vienne

Wikimedia Commons, domaine public

Observe d’abord l’œuvre sans aide : où ton œil se pose-t-il en premier ? Puis affiche les repères un par un et lis ce qu’ils révèlent.

À retenir

De la description à l’interprétation

  • 1. Décrire : ce que l’on voit, sans juger. « Une femme verse du lait dans un pot, près d’une fenêtre. » Tout le monde doit pouvoir être d’accord.
  • 2. Analyser : comment c’est fait, avec le vocabulaire précis. « La lumière vient de la fenêtre à gauche ; le regard descend du visage au filet de lait. »
  • 3. Interpréter : ce que cela signifie ou provoque, en s’appuyant sur des indices. « Le temps semble suspendu, parce que le geste est lent et que la lumière est douce et immobile. »
  • Exprimer une émotion juste : pas seulement « j’aime » ou « c’est moche », mais « cette œuvre me donne une impression de… parce que… ». Un avis justifié se discute ; un goût ne se discute pas.

Exemple

Analyser en trois temps : La Laitière

Une servante en corsage jaune et tablier bleu verse lentement du lait dans un pot, près d’une fenêtre qui éclaire la pièce par la gauche.

Johannes Vermeer

La Laitière, vers 1658-1660

huile sur toile, 45,5 × 41 cm

Rijksmuseum, Amsterdam

Wikimedia Commons, domaine public

Je décris : une servante en corsage jaune et tablier bleu verse du lait d’une cruche dans un pot, sur une table chargée de pain. J’analyse : petit format (45,5 × 41 cm), cadrage serré, lumière latérale venue de la fenêtre, couleurs dominantes jaune et bleu, presque complémentaires ; le centre d’intérêt est le mince filet de lait. J’interprète : Vermeer donne à un geste ordinaire la dignité d’un grand sujet ; on ressent du calme et de la concentration, parce que tout converge vers ce geste lent.

Attention

Méthode express pour présenter une œuvre : cartel (qui, quoi, quand, comment, où), nature et genre, format, composition (plans, horizon, lignes, centre d’intérêt), lumière et couleurs, matière, puis effet produit et interprétation justifiée. Chaque fois que tu affirmes quelque chose, ajoute « parce que » et un indice que l’on peut voir.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Cartel, genres et plansLire un cartel, reconnaître un genre, nommer les plans et le format.
    Pas encore joué
    Dans la vraie vieSelfie, photo d’assiette, cartel au musée et fond d’écran.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Décrire n’est pas jugerLieu de conservation, autoportrait, lignes de force : déjoue les confusions.
    Pas encore joué
    L’œil du photographeCadrage, contre-plongée, contre-jour et légendes Instagram.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Comparer et interpréterBruegel, Delacroix, Raphaël, Friedrich : justifier une interprétation par des indices.
    Pas encore joué
    Argumenter comme un critiqueExposé, critique de film, « mon petit frère pourrait le faire ».
    Pas encore joué