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/Arts plastiques · Sixième/Montrer une œuvre

Chapitre 4 · Représentation et présentation

Montrer une œuvre

Cadre, socle, cimaise, vitrine, écran, in situ, installation ; frontalité, parcours, englobement, participation ; rapport d’échelle.

Le cours · 8 notionsExercices · 6

Sommaire

Le coursLes dispositifs de présentationLes lieux de présentationLe spectateur et l’échelleLes exercices

Le cours

Dans le hall d’un collège, des élèves accrochent des dessins alignés sur un mur blanc et posent des sculptures en argile sur des cubes.

À quoi ça sert ?

L’exposition de fin d’année

Ta classe expose ses travaux dans le hall du collège. Où mettre les dessins : punaisés serrés, ou alignés à hauteur des yeux ? Les sculptures en argile : par terre, ou sur des cubes pour qu’on en fasse le tour ? Et le petit film : sur un écran dans un coin sombre ? La boulangère se pose les mêmes questions pour sa vitrine, et toi quand tu accroches un poster dans ta chambre. Montrer une œuvre, c’est aussi décider de la façon dont on la regardera : le même dessin paraît précieux dans un cadre doré, ou banal punaisé de travers.

À retenir

Les dispositifs de présentation

  • Le cadre sépare le tableau du mur, le protège et le désigne comme une image à regarder, à la manière d’une fenêtre. Sans cadre, l’œuvre se mêle davantage à l’espace réel.
  • Le socle surélève et isole une sculpture ; le piédestal est un socle haut, souvent architecturé, qui élève une statue au-dessus des passants.
  • La cimaise est le mur d’exposition (à l’origine, la moulure où l’on fixait les tableaux). On y accroche en général le centre des œuvres à hauteur du regard, vers 1,50 m.
  • La vitrine protège et met à distance : on regarde sans toucher. L’écran, individuel (téléphone) ou collectif (cinéma), est aussi un dispositif de présentation.
  • Au XXe siècle, beaucoup d’artistes ont supprimé le socle ou le cadre, ou en ont fait une partie de l’œuvre (Brancusi taillait lui-même ses socles) : le dispositif devient une question artistique.

Exemple

Un accrochage du sol au plafond

Une grande salle dont les murs sont couverts de tableaux du sol au plafond, devant une foule de visiteurs.
Pietro Antonio Martini, Exposition au Salon du Louvre en 1787, 1787eau-forte et burin (estampe) ; Metropolitan Museum of Art, New York.CC0, Metropolitan Museum of Art, via Wikimedia Commons

Au Salon de 1787, au Louvre, les tableaux couvrent les murs cadre contre cadre, du sol au plafond. Les places à hauteur des yeux sont les plus recherchées ; tout en haut, les œuvres sont à peine visibles. L’accrochage n’est jamais neutre : il décide de ce qu’on regarde. Aujourd’hui, on préfère en général des œuvres espacées, alignées à hauteur du regard.

À retenir

Les lieux de présentation

  • L’espace quotidien, privé (ta chambre) ou public (la rue, une place, une gare), le musée, la salle d’exposition, la vitrine, l’écran.
  • Une œuvre in situ (« sur place ») est créée pour un lieu précis : déplacée, elle perdrait une part de son sens. Les peintures de la grotte de Lascaux, peintes sur la paroi il y a plus de 17 000 ans, les fresques murales ou les œuvres de land art construites dans la nature sont in situ.
  • Une installation dispose des éléments dans un espace que le spectateur parcourt : il entre dans l’œuvre. On peut aussi intégrer une œuvre dans un espace existant (hall, jardin, église), qui lui ajoute du sens.
  • Changer de lieu change la réception : un retable peint pour l’autel d’une église devient, au musée, une œuvre que l’on contemple.

Exemple

Le musée, un lieu pensé pour regarder

Une longue galerie éclairée par le plafond, tableaux accrochés aux murs, sculptures, visiteurs et peintres.
Hubert Robert, Projet d’aménagement de la Grande Galerie du Louvre, 1796huile sur toile ; Musée du Louvre, Paris.Photo Mossot, domaine public, via Wikimedia Commons

Le Louvre devient un musée ouvert au public en 1793. Hubert Robert, chargé de ses collections, imagine en 1796 la Grande Galerie éclairée par des verrières au plafond : une lumière venue d’en haut éclaire les deux murs sans reflets. On y voit des visiteurs, des copistes au travail, des sculptures sur socles : la présentation se pense avec la lumière et la circulation.

À retenir

Le spectateur et l’échelle

  • Frontalité : le spectateur fait face à l’œuvre, comme devant un tableau. Circulation : il tourne autour d’une sculpture. Parcours : il suit un chemin, salle après salle, dans un ordre qui peut raconter.
  • Englobement : l’œuvre entoure le spectateur. Les Nymphéas de Monet, installés en 1927 dans deux salles ovales du musée de l’Orangerie, à Paris, plongent le visiteur dans un paysage d’eau continu.
  • Participation : le spectateur agit sur l’œuvre (il touche, déclenche, emporte, entre), au lieu de rester passif.
  • Le rapport d’échelle entre l’œuvre et le corps du spectateur produit un effet : une miniature oblige à s’approcher, la relation devient intime ; une œuvre monumentale domine, oblige à reculer, à lever les yeux, à en faire le tour.

Expérimente

Mettre en espace

Choisis un dispositif (mur avec ou sans cadre, socle, sol, suspension, vitrine) et fais varier la taille de l’œuvre, de 10 cm à 8 m, à côté d’un visiteur de 1,70 m. Lis l’effet produit sur le spectateur.

1,70 mœuvre : 0,89 m

Le cadre sépare l’œuvre du mur et la désigne comme une image à regarder, à la manière d’une fenêtre : le regard est frontal. À l’échelle du corps : l’œuvre et le spectateur sont face à face, à taille comparable.

Attention

Au CM, tu affichais tes dessins. En 6e, on attend que tu penses la présentation comme un choix : quel dispositif (cadre, socle, cimaise, vitrine, écran) ? Quel lieu (in situ, musée, rue) ? Quelle place pour le spectateur (frontalité, parcours, englobement, participation) ? Quelle échelle ? Et surtout : quel effet cela produit-il sur la façon de regarder l’œuvre ?

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Cadre, socle, cimaiseNommer les dispositifs et la place du spectateur.
    Pas encore joué
    Dans la vraie viePoster, vitrine de boulangerie, statue de la place.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Socle ou piédestal ?Accrochages, in situ, installation : déjoue les confusions.
    Pas encore joué
    Exposer au collègeAccrochage serré, street art, écrans et monuments.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Le lieu change l’œuvreSalon de 1787, Nymphéas, Lascaux : analyser une présentation.
    Pas encore joué
    Concevoir une expositionDispositifs adaptés, codes du musée dans le commerce, affiches.
    Pas encore joué