Eurekole
/Arts plastiques · Sixième/Se repérer dans les arts

Chapitre 10 · Regarder les œuvres

Se repérer dans les arts

Situer une œuvre dans le temps et dans le monde grâce à des indices, et se méfier des idées toutes faites.

Le cours · 8 notionsExercices · 6

Sommaire

Le coursSituer une œuvre : où et quand ?Quelques grands repèresLes indices qui permettent de dater et de situerDépasser les stéréotypesLes exercices

Le cours

Une collégienne, carnet à la main, observe de près un masque africain dans une vitrine de musée, tandis qu’un camarade regarde une grande peinture ancienne dans la salle voisine.

À quoi ça sert ?

Au musée, sans lire l’étiquette

Sortie scolaire au musée. Avant de lire le cartel, ton professeur te lance un défi : « D’où vient cet objet, et de quand date-t-il ? » Pas besoin de tout savoir par cœur : comme un détective, tu peux relever des indices. Le matériau (ivoire, terre cuite, toile), la technique (fresque, estampe, peinture à l’huile), le sujet, les vêtements, une écriture, la fonction de l’objet. Le même réflexe te servira devant une affiche ancienne dans le grenier de tes grands-parents, une photo de vacances devant un monument, ou une image partagée sur Internet sans aucune légende.

À retenir

Situer une œuvre : où et quand ?

  • Situer une œuvre, c’est la placer dans une aire géographique ou culturelle (une région, un peuple, une civilisation) et dans un temps (une période, un siècle, une date).
  • Le cartel, la petite étiquette à côté de l’œuvre, donne ces informations : artiste, titre, date, technique, dimensions, lieu de conservation. Attention : le lieu de conservation (le musée) n’est pas forcément le lieu de création. La Grande Vague de Hokusai, japonaise, est conservée notamment à New York.
  • Repères de l’histoire (européenne) : Préhistoire (avant l’écriture, vers −3000), Antiquité (−3000 à 476), Moyen Âge (476-1492), Temps modernes (1492-1789), puis le XIXe siècle et les XXe-XXIe siècles. Rappel : le XVIe siècle, ce sont les années 1501 à 1600.

À retenir

Quelques grands repères

  • Art pariétal (Préhistoire) : animaux peints ou gravés sur les parois des grottes, avec des pigments minéraux (ocres, charbon). Lascaux, vers 18 000 ans avant le présent ; Chauvet, plus de 30 000 ans.
  • Égypte ancienne : corps à la fois de profil (tête, jambes) et de face (épaules, œil), personnages importants plus grands, hiéroglyphes ; art lié aux tombes et à la vie après la mort.
  • Grèce antique : vases à figures noires puis rouges, sculptures du corps humain idéal en marbre ou en bronze, héros et dieux. Rome : fresques et mosaïques (Pompéi), portraits sculptés réalistes.
  • Moyen Âge : art surtout religieux ; enluminures dans les manuscrits, vitraux des cathédrales gothiques (Chartres), fonds dorés, perspective peu utilisée.
  • Renaissance (XVe-XVIe siècles, Italie puis Europe) : perspective, peinture à l’huile, corps et visages modelés, retour aux modèles antiques (Léonard de Vinci, Raphaël, Dürer).
  • Estampe japonaise (surtout XVIIIe-XIXe siècles) : gravure sur bois en couleurs, tirée à de nombreux exemplaires, aplats et contours nets, cadrages audacieux (Hokusai, Hiroshige). Elle fascinera les impressionnistes.
  • Arts d’Afrique et d’Océanie : des traditions très anciennes et très diverses (têtes en terre cuite Nok, ivoires et bronzes de la cour du royaume de Bénin, figures malanggan de Nouvelle-Irlande, moaï de Rapa Nui). Souvent des objets à fonction rituelle, royale ou funéraire.
  • Impressionnisme (à partir de 1874, première exposition) : peinture en plein air, touches visibles, lumière d’un instant, sujets modernes (Monet, Renoir, Morisot).
  • XXe siècle et art contemporain : abstraction (Kandinsky, Mondrian), objets détournés (Duchamp), installations, performances, photographie, vidéo, art numérique. L’œuvre n’est plus forcément une image accrochée au mur.

À retenir

Les indices qui permettent de dater et de situer

  • Le support et le matériau : paroi de grotte, enduit de tombe, vase de terre cuite, parchemin, panneau de bois, toile, soie, ivoire, verre, écran.
  • La technique : fresque, mosaïque, enluminure, vitrail, huile, estampe, photographie… La peinture à l’huile sur toile ne se répand qu’à partir de la Renaissance ; la photographie naît au XIXe siècle.
  • Le sujet et la fonction : scène religieuse, mythe, portrait de roi, objet rituel, vie moderne, absence de sujet (abstraction).
  • Les vêtements, les objets, l’architecture, une écriture (hiéroglyphes, idéogrammes, alphabet latin), une signature ou une date peinte.
  • Le style : façon de représenter le corps, l’espace (perspective ou non), la lumière, la touche. Méthode : j’observe → je relève des indices → je propose une hypothèse → je vérifie avec le cartel.

Expérimente

Remettre les œuvres dans le temps

Fais glisser chaque reproduction sur la bonne période, ou touche-la puis touche une période. En cas d’erreur, un indice s’affiche ; une fois l’œuvre bien placée, lis l’explication : quels indices permettaient de la dater ?

0 / 9 placées

Fais glisser chaque œuvre sur sa période, ou touche une œuvre puis une période. Observe d’abord le support, la technique et le sujet.

À retenir

Dépasser les stéréotypes

  • « L’art, c’est forcément beau. » Non : une œuvre peut chercher à émouvoir, déranger, faire peur, dénoncer (la guerre, l’injustice). La question n’est pas « est-ce joli ? » mais « quel effet cela produit-il, et comment ? ».
  • « L’art, c’est forcément ressemblant. » Non : l’Égyptien, le sculpteur Nok ou Mondrian ne cherchent pas à copier le réel. L’écart avec la réalité est un choix, pas une maladresse.
  • « L’art, c’est forcément ancien », réservé aux musées. Non : des artistes créent aujourd’hui, dans la rue, sur écran, dans la nature, avec des objets du quotidien.
  • « L’art d’ailleurs est primitif. » Non : le masque de la reine mère Idia, sculpté dans l’ivoire au XVIe siècle pour une cour royale, est aussi savant que la peinture de la Renaissance. « Primitif » est un mot hérité de l’époque coloniale ; on parle aujourd’hui des arts d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et d’Asie.

Exemple

Enquête sur une œuvre sans cartel

Une image montre un homme peint sur un mur : tête et jambes de profil, épaules de face ; il est bien plus grand que sa femme et sa fille ; des petits signes (oiseaux, yeux, traits) sont alignés en colonnes. Indices : représentation du corps de profil et de face, taille selon l’importance, écriture en hiéroglyphes. Hypothèse : Égypte ancienne, Antiquité. Vérification avec le cartel : fragment de la tombe de Nebamun, vers 1350 av. J.-C., British Museum, Londres. L’œuvre est égyptienne, mais conservée à Londres.

Attention

Au collège, on ne te demande pas d’apprendre des centaines de dates, mais de justifier : « Je pense que c’est une estampe japonaise du XIXe siècle parce que les contours sont nets, les couleurs posées en aplats et l’inscription est en idéogrammes. » Deux réflexes : ne pas confondre lieu de création et lieu de conservation, et ne jamais juger une œuvre « primitive » ou « ratée » parce qu’elle ne ressemble pas à une photographie.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    D’où vient cette œuvre ?Grandes périodes, grandes civilisations, premiers indices.
    Pas encore joué
    Dans la vraie vieMusée, voyage, monuments et objets de famille.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Indices et faux amisLieu de création ou de conservation, siècles, stéréotypes.
    Pas encore joué
    Cartels, exposés et réseauxLire un cartel, vérifier une image partagée, préparer un exposé.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Enquête d’historien de l’artComparer, dater, justifier par des indices précis.
    Pas encore joué
    Défendre un point de vueRépondre aux idées reçues avec des arguments précis.
    Pas encore joué