Chapitre 19 · Lecture et culture littéraire
Chanter et enchanter le monde : mots et merveilles
Lire des poèmes de Verlaine, Hugo, Rimbaud, Desbordes-Valmore : vers, rimes, rythme, images et jeux sur les mots.
Le cours

À quoi ça sert ?
Pourquoi un refrain te reste dans la tête toute la journée
Un refrain entendu une fois et qui tourne en boucle, un slogan de boulangerie qu’on n’oublie plus, un rap dont tu connais chaque ligne : ce n’est pas un hasard. Ces textes utilisent les outils des poètes : des rimes, un rythme, des sons qui reviennent et des images qui frappent.
Apprendre à les repérer, c’est comprendre pourquoi un texte te touche, et savoir t’en servir : pour une carte d’anniversaire, un concours de poésie ou les paroles de ta propre chanson.
La poésie « chante » le monde : elle travaille la musique des mots. Elle l’« enchante » aussi : par ses images, elle nous fait voir autrement une pluie, une rose, une nuit d’automne. Un poème se lit avec les yeux, mais aussi avec l’oreille : lis-le toujours à voix haute.
À retenir
Vers et strophes
- Le vers est une ligne du poème ; il commence souvent par une majuscule.
- La strophe est un groupe de vers séparé par un blanc : tercet (3 vers), quatrain (4), sizain (6).
- Le sonnet compte 14 vers : deux quatrains puis deux tercets (« Ma Bohême » de Rimbaud).
- On mesure un vers en syllabes : 12 syllabes forment un alexandrin, 8 un octosyllabe. Le e muet compte devant une consonne, mais pas devant une voyelle ni en fin de vers.
- Les vers libres n’ont ni longueur fixe ni rime obligatoire.
Exemple
Compter les syllabes d’un alexandrin
Je / m’en / al / lais, / les / poings / dans / mes / po / ches / cre / vées → 12 syllabes.
Le e de « poches » se prononce, car il est suivi d’une consonne (« crevées »). Le e final de « crevées », en fin de vers, ne compte pas.
À retenir
Les rimes
La rime est le retour du même son à la fin de deux vers (longs / violons). On la note par des lettres :
- rimes suivies (AABB) : deux vers, puis deux autres ;
- rimes croisées (ABAB) : les rimes alternent ;
- rimes embrassées (ABBA) : crevées (A) / idéal (B) / féal (B) / rêvées (A).
À retenir
Les images poétiques
- La comparaison rapproche deux réalités avec un outil (comme, pareil à, semblable à, tel) : « Il pleure dans mon cœur / Comme il pleut sur la ville » (Verlaine).
- La métaphore rapproche deux réalités sans outil : « Mon auberge était à la Grande-Ourse » (Rimbaud) : le ciel étoilé devient une auberge.
- La personnification prête des actions ou des sentiments humains à une chose : « Les sanglots longs / Des violons » (Verlaine).
À retenir
La musique et les jeux sur les mots
- Le rythme : la longueur des vers imite parfois le sens. Dans « Les Djinns », Hugo allonge ses vers à mesure que le bruit approche.
- Les sons répétés : un même son voyelle (assonance) ou consonne (allitération) qui revient : « Du bon pain, du bon grain ».
- Les jeux de mots : des homonymes (« Où brise / La brise », Hugo), des mots proches par le son (pleure / pleut), un mot caché dans un autre (cœur / s’écœure).
À retenir
Méthode : lire et commenter un poème
- Lis le poème à voix haute, en respectant la ponctuation.
- Observe la forme : nombre de strophes, longueur des vers, rimes.
- Repère les images et les sons : que font-ils voir ou entendre ?
- Dis quelle émotion le poème exprime (joie, mélancolie, peur…) et justifie avec une citation.
Attention
Pour citer des vers à la suite dans une phrase, sépare-les par une barre oblique et garde leurs majuscules : « Les sanglots longs / Des violons ». Et n’oublie jamais de nommer l’auteur.
Attention
Rappel du CM : un poème n’est pas obligé de rimer. Ce qui fait la poésie, c’est la force des images et la musique des mots, bien plus que la rime.
Les exercices
Niveau 1 · Découverte
Les bases, pas à pas.Niveau 2 · Entraînement
Les pièges classiques.Niveau 3 · Expert
Pour aller plus loin.