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Chapitre 18 · Lecture et culture littéraire

Créer, recréer le monde : récits des origines

Lire des mythes, des textes fondateurs et des contes étiologiques : comprendre comment les hommes ont raconté la naissance du monde.

Le cours · 10 notionsExercices · 4

Sommaire

Le coursTrois sortes de récits des originesReconnaître un mythe des originesMéthode : lire l’explicite et l’impliciteSuivre les personnages : les reprisesLes exercices

Le cours

Un collégien joue à un jeu vidéo inspiré des mythes grecs, un livre de mythologie ouvert à côté de lui.

À quoi ça sert ?

Pourquoi les dieux grecs sont partout dans tes jeux et tes séries

Un jeu vidéo où tu incarnes Prométhée, une série où une classe construit une tour géante avant que plus personne ne se comprenne, un film de super-héros peuplé de dieux nordiques… Les créateurs d’aujourd’hui puisent sans arrêt dans les récits des origines, vieux de plusieurs millénaires.

On les retrouve aussi dans la langue de tous les jours : « ouvrir la boîte de Pandore », « c’est une vraie tour de Babel », « le talon d’Achille ». Connaître ces récits, c’est repérer les clins d’œil, comprendre les références et lire le monde avec un temps d’avance.

Depuis toujours, les hommes se posent des questions : d’où vient le monde ? Pourquoi existe-t-il des humains ? Pourquoi parle-t-on tant de langues ? Bien avant les sciences, ils y ont répondu par des récits, transmis d’abord à l’oral, puis écrits. Ces textes ne cherchent pas à prouver : ils cherchent à donner un sens au monde.

À retenir

Trois sortes de récits des origines

  • Le texte fondateur : un texte qui sert de base à une religion ou à une civilisation. Exemple : la Genèse, premier livre de la Bible, qui raconte la création du monde.
  • Le mythe : un récit très ancien, où des dieux et des êtres surnaturels agissent dans un temps lointain, et qui explique l’origine du monde, des hommes ou d’une coutume. Exemple : Deucalion et Pyrrha dans les Métamorphoses d’Ovide.
  • Le conte étiologique (du grec aitia, « la cause ») : une histoire imaginaire qui répond à une question « Pourquoi… ? » : pourquoi le ciel est si haut, pourquoi le zèbre a des rayures.

À retenir

Reconnaître un mythe des origines

  • Un temps des commencements, sans date précise : « Au commencement », « Autrefois », « En ce temps-là ».
  • Des personnages surnaturels (dieux, déesses, Titans) et des événements merveilleux : des pierres deviennent des hommes, une parole crée la lumière.
  • Le passage du chaos (le désordre, « informe et vide ») à un monde ordonné.
  • Une explication finale, souvent annoncée par « C’est pourquoi », « Depuis ce jour », « C’est de là que… » : le récit relie le passé lointain à notre présent.
  • Des symboles : la colombe et l’olivier (la paix), l’arc-en-ciel (l’alliance), la tour (l’orgueil).

Exemple

Une formule étiologique dans la Genèse (trad. Louis Segond, 1910)

« C’est pourquoi on l’appela du nom de Babel, car c’est là que l’Éternel confondit le langage de toute la terre. »

« C’est pourquoi » annonce une conséquence (le nom de la ville) ; « car » en donne la cause (le mélange des langues). En deux connecteurs, le récit explique l’origine d’un nom et de la diversité des langues.

À retenir

Méthode : lire l’explicite et l’implicite

  • L’explicite : ce que le texte dit clairement. On le retrouve en relisant la bonne phrase.
  • L’implicite : ce que le texte laisse comprendre sans le dire. On le découvre par une inférence, en reliant plusieurs indices.
  • Justifier : toute réponse s’appuie sur une citation exacte, entre guillemets.

Exemple

Faire une inférence chez Ovide

La déesse ordonne : « jetez derrière vous les os de votre aïeule antique ». Deucalion comprend : « Notre aïeule, c’est la terre, et les pierres (…) sont les ossements qu’on nous ordonne de jeter ».

L’oracle ne dit jamais « pierres » : c’est une image (une métaphore). Deucalion relie les indices (la terre est la mère de tous ; ses os sont durs comme des pierres) : il fait une inférence.

À retenir

Suivre les personnages : les reprises

Pour éviter les répétitions, un texte désigne souvent le même personnage de plusieurs façons. Ces reprises peuvent être des pronoms (« elle », « ils ») ou des groupes nominaux :

Pyrrha → la fille d’Épiméthée → elle ; Dieu → l’Éternel.

Pour savoir qui fait quoi, remonte toujours au nom que la reprise remplace.

Attention

Rappel du CM : lis toujours le paratexte, c’est-à-dire tout ce qui entoure le texte : titre, auteur, date, traducteur. La Genèse a été écrite en hébreu, les Métamorphoses en latin : tu lis une traduction, et la mention du traducteur (Louis Segond, 1910) fait partie de la source à citer.

Attention

Un mythe n’est pas une explication scientifique, et ce n’est pas non plus un « mensonge » : c’est une façon imagée de chercher du sens. Pour comparer deux mythes, cherche ce qui se ressemble (un chaos au départ, un déluge, un couple de survivants) et ce qui change d’une culture à l’autre.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Lire les récits des originesRetrouver les informations explicites dans la Genèse, Ovide et un conte étiologique.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Lire entre les lignesInférences, mots en contexte, reprises et liens logiques.
    Pas encore joué
    Les mythes autour de nousJeu vidéo, série, livre, exposition : reconnaître les récits des origines dans la vie courante.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Interpréter et justifierSymboles, comparaison des mythes, choix de la citation qui prouve.
    Pas encore joué