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Chapitre 20 · Lecture et culture littéraire

Se masquer, jouer, déjouer : ruses en action

Lire Molière : didascalies, répliques, aparté, monologue, quiproquo, ruses et formes du comique.

Le cours · 10 notionsExercices · 4

Sommaire

Le coursLe vocabulaire du théâtreLa ruse et ses personnagesLes quatre formes du comiqueMéthode : lire une scène de théâtreLes exercices

Le cours

Des collégiens répètent une scène de comédie au club théâtre, l’un d’eux caché dans un grand sac en toile.

À quoi ça sert ?

Pourquoi tu ris devant une série où quelqu’un se fait passer pour un autre

Un élève qui imite la voix du principal au téléphone, un personnage pris pour un autre, une cachette découverte au pire moment : les séries comiques et les vidéos à sketches utilisent des ruses vieilles de plus de trois siècles. Molière les maniait déjà à la perfection.

Savoir lire une scène de théâtre te sert pour le club théâtre, pour une lecture à voix haute en classe, et pour comprendre pourquoi une situation fait rire : parce que le public en sait plus que les personnages.

Un texte de théâtre est écrit pour être joué devant un public. Il n’y a pas de narrateur : les personnages parlent directement, et l’auteur glisse des indications pour les comédiens. La comédie cherche à faire rire, souvent en se moquant des défauts humains.

À retenir

Le vocabulaire du théâtre

  • La réplique : ce que dit un personnage quand vient son tour. Le nom du personnage la précède.
  • Les didascalies : les indications de l’auteur sur le décor, les gestes, le ton. Elles ne sont pas prononcées (souvent en italique ou entre parenthèses).
  • La tirade : une longue réplique adressée à d’autres personnages.
  • Le monologue : un personnage seul en scène parle pour lui-même.
  • L’aparté : un personnage parle « à part » ; les autres ne sont pas censés l’entendre, mais le public, oui.
  • Une pièce se divise en actes, eux-mêmes divisés en scènes.

Exemple

Un aparté chez Molière (Le Médecin malgré lui, I, 5)

MARTINE, bas, à part. — Ah ! que le ciel m’inspire une admirable invention pour me venger de mon pendard ! (Haut.) Vous ne pouviez jamais vous mieux adresser…

Les didascalies bas, à part puis Haut montrent que Martine change de destinataire : elle confie d’abord sa ruse au public, puis elle ment à Valère et Lucas.

À retenir

La ruse et ses personnages

  • La ruse : un piège inventé pour tromper quelqu’un (mensonge, déguisement, voix contrefaite).
  • Le quiproquo : un malentendu où l’on prend une personne ou une chose pour une autre (un bûcheron pris pour un médecin).
  • Les personnages types : le valet rusé (Scapin), le vieillard avare (Géronte), le couple qui se dispute (Sganarelle et Martine).
  • Le thème de l’être et du paraître : Sganarelle est bûcheron, mais il va paraître médecin.

À retenir

Les quatre formes du comique

  • Le comique de mots : jeux de mots, reparties, répétitions, patois. « Que diable allait-il faire dans cette galère ? »
  • Le comique de gestes : coups de bâton, chutes, bourse tendue puis retirée.
  • Le comique de situation : un personnage enfermé dans un sac, battu par celui qui prétend le sauver.
  • Le comique de caractère : on rit d’un défaut exagéré, comme l’avarice de Géronte.

Exemple

Le comique de gestes dans les didascalies (Les Fourberies de Scapin, II)

GÉRONTE, retenant sa bourse, qu’il fait semblant de vouloir donner à Scapin. — Mais dis à ce Turc que c’est un scélérat.
SCAPIN, tendant encore la main. — Oui.

La bouche de Géronte dit « tiens », sa main dit « non » : les gestes révèlent son avarice mieux que des mots.

À retenir

Méthode : lire une scène de théâtre

  • Lis d’abord les didascalies : qui est en scène, où, à quel moment ?
  • Demande-toi ce que chaque personnage veut (se venger, garder son argent, en obtenir).
  • Repère ce que le public sait et que certains personnages ignorent : c’est souvent là que naît le comique.
  • Justifie ta réponse en citant une réplique ou une didascalie.

Attention

Au théâtre, il y a toujours deux destinataires : le personnage à qui l’on parle, et le public qui écoute. Quand une réplique paraît étrange, demande-toi ce qu’elle apprend au spectateur.

Attention

Les textes de Molière datent du XVIIe siècle : certains mots ont changé de sens (« l’hôpital » accueillait les pauvres, « les fers » sont des chaînes). Appuie-toi sur le contexte pour les comprendre, comme au CM.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Entrer dans la scènePersonnages, didascalies, informations clés des scènes de Molière.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Démasquer la ruseAparté, monologue, mots en contexte, ressorts du comique.
    Pas encore joué
    Le théâtre autour de nousProgramme de théâtre, série, club théâtre, messages de répétition.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Interpréter le comiqueQuiproquo, être et paraître, personnages types, citations qui justifient.
    Pas encore joué