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/SVT · Sixième/Classer les êtres vivants

Chapitre 2 · Unité et diversité du vivant

Classer les êtres vivants

Ranger le vivant en groupes emboîtés selon ce que les êtres vivants ont en commun, et lire leur parenté.

Le cours · 10 notionsExercices · 4

Sommaire

Le cours1. Classer avec des attributs partagés2. Plusieurs classifications, plusieurs objectifs3. Des groupes emboîtés4. Tableau d’attributs et arbre de parenté5. Identifier n’est pas classer : la clé de détermination6. Les pièges classiquesLes exercices

Le cours

Au muséum d’histoire naturelle, deux élèves comparent les squelettes d’une chauve-souris, d’un oiseau et d’un dauphin, un carnet à la main.

À quoi ça sert ?

Trois squelettes, une même famille ?

Au muséum, Aïcha et Lucas s’arrêtent devant trois squelettes : une chauve-souris, un oiseau, un dauphin. « La chauve-souris vole comme l’oiseau, le dauphin nage comme un poisson », dit Lucas. Mais Aïcha montre les os : dans l’aile de la chauve-souris, l’aile de l’oiseau et la nageoire du dauphin, on retrouve le même plan qu’à notre bras : un os, puis deux os, puis le poignet et les doigts. Et seuls la chauve-souris et le dauphin ont des mamelles, comme nous.

En sciences, classer, ce n’est pas trier par apparence ou par mode de vie : c’est retrouver qui est parent de qui. C’est ce que font les applications d’identification de plantes, les guides de randonnée, les vétérinaires et les chercheurs qui comparent les espèces. Ton outil de détective : les attributs partagés.

À retenir

1. Classer avec des attributs partagés

  • Un attribut est un caractère que possède un être vivant : des poils, des plumes, un squelette interne, des pattes articulées, de la chlorophylle…
  • On regroupe les êtres vivants qui partagent un attribut : on classe selon ce qu’ils ont, jamais selon ce qu’ils n’ont pas.
  • Le milieu de vie (eau, air), le régime alimentaire ou la façon de se déplacer ne sont pas des critères de la classification qui établit les parentés. C’est pourquoi « invertébrés » (défini par une absence) et « poissons » (un ensemble défini surtout par la forme et le milieu) ne sont pas des groupes scientifiques.

À retenir

2. Plusieurs classifications, plusieurs objectifs

  • Une classification utilitaire range les êtres vivants selon leur usage pour l’humain : comestible ou toxique, utile ou nuisible au jardin, rayons d’un supermarché (« légumes », « fruits de mer »).
  • Une classification écologique les range selon leur milieu de vie (animaux de la mare, du sol, de la haie) ou leur régime alimentaire (herbivores, carnivores) : elle sert à étudier un milieu.
  • La classification phylogénétique (scientifique) les range selon leurs attributs partagés, hérités d’un ancêtre commun : c’est la seule qui dise qui est parent de qui.
  • Une même espèce change de groupe selon la classification choisie. Aucune n’est fausse : elles ne répondent pas à la même question.
La mouleGroupe
Utilitairefruits de mer (rayon poissonnerie)
Écologiqueanimaux fixés aux rochers du littoral
Phylogénétiquemollusques (corps mou)

À retenir

3. Des groupes emboîtés

  • Un groupe peut être inclus dans un plus grand : tous ses membres ont aussi les attributs du grand groupe.
  • Vertébrés : squelette interne avec une colonne vertébrale. Parmi eux, les tétrapodes : membres à doigts, construits sur le même plan (bras, patte, aile, nageoire du dauphin). Parmi eux, les mammifères (poils, mamelles) et les oiseaux (plumes).
  • Arthropodes : squelette externe et pattes articulées. Parmi eux, les insectes : 6 pattes, corps en 3 parties, 2 antennes. L’araignée (8 pattes) est un arthropode, mais pas un insecte.
  • Mollusques : corps mou, souvent protégé par une coquille (escargot, moule, pieuvre).

Vertébrés

Tétrapodes

Mammifères : humain, chauve-souris, dauphin

Oiseaux : pigeon, manchot

Autres tétrapodes : grenouille, tortue, lézard…

Autres vertébrés : truite, requin…

À retenir

4. Tableau d’attributs et arbre de parenté

  • Dans un tableau d’attributs, on coche ce que chaque être vivant possède ; ceux qui partagent le plus d’attributs forment les groupes les plus petits.
  • Partager un attribut, c’est l’avoir hérité d’un ancêtre commun. Dans un arbre de parenté, chaque nœud représente un ancêtre commun.
  • Qui est plus proche de qui ? A est plus proche de B que de C si A et B partagent un attribut (un groupe) que C n’a pas : leur ancêtre commun est plus récent.
  • Un arbre ne dit pas qui descend de qui parmi les espèces actuelles : l’humain ne descend pas du chimpanzé, ils ont un ancêtre commun.
Colonne vertébraleMembres à doigtsPoils, mamellesPlumes
Chauve-souris×××
Dauphin×××
Pigeon×××
Requin×
TruiteGrenouilleLézardMerleChatHumain

1. Six animaux à classer. On cherche les attributs qu’ils possèdent tous, ou que certains partagent.

À retenir

5. Identifier n’est pas classer : la clé de détermination

  • Identifier (ou déterminer) un être vivant, c’est trouver son nom. Classer, c’est le placer dans des groupes emboîtés pour connaître sa parenté.
  • Une clé de détermination est une suite de questions à deux réponses (oui ou non). Chaque réponse renvoie à une autre question ou donne un nom : on suit le chemin jusqu’au bout.
  • Une clé peut utiliser une absence (« sinon », « n’a pas de coquille ») : son but est de nommer, pas d’établir une parenté. L’ordre de ses questions ne dit rien de qui est parent de qui.
  • Une bonne clé est valable pour une liste précise d’êtres vivants, et ses deux réponses ne peuvent pas être vraies en même temps : chaque spécimen n’arrive qu’à un seul nom.

Clé de cinq petites bêtes du compost

1. A des pattes articulées → aller en 2 ; sinon → aller en 4.

2. A 6 pattes → aller en 3 ; sinon (14 pattes) → cloporte.

3. A des ailes avant dures, rouges à points noirs → coccinelle ; sinon → fourmi.

4. A une coquille → escargot ; sinon → lombric (ver de terre).

À retenir

6. Les pièges classiques

  • La chauve-souris vole, mais elle a des poils et des mamelles : c’est un mammifère. Son aile est une peau tendue entre des doigts très allongés, sans plumes.
  • La baleine et le dauphin sont des mammifères : les femelles ont des mamelles et allaitent leurs petits. Le dauphin est plus proche de l’humain que du requin, malgré la même forme fuselée, due à la vie dans l’eau.
  • Les champignons ne sont pas des végétaux : ils n’ont pas de chlorophylle et ne fabriquent pas leur matière organique grâce à la lumière. Les études de parenté montrent même qu’ils sont plus proches des animaux que des plantes.
  • Une application d’identification (comme Pl@ntNet) propose des noms avec un score de confiance : ce n’est pas une certitude. On vérifie les attributs soi-même, surtout avant de cueillir ou de manger.

Exemple

Raisonner pas à pas

Question : la chauve-souris est-elle plus proche du pigeon ou de l’humain ? Hypothèse de Lucas : du pigeon, car tous deux volent. Test : on remplit un tableau d’attributs (colonne vertébrale, membres à doigts, poils et mamelles, plumes). Résultat : les trois partagent colonne vertébrale et membres à doigts ; seuls la chauve-souris et l’humain ont poils et mamelles ; seul le pigeon a des plumes. Conclusion : la chauve-souris et l’humain forment un groupe (les mammifères) qui exclut le pigeon. La chauve-souris est donc plus proche de l’humain. L’hypothèse est rejetée : voler est une manière de vivre, pas un attribut de parenté.

Attention

Méthode : qui est plus proche de qui ? 1) Je liste les attributs observables (ce qu’ils ont). 2) Je remplis un tableau d’attributs. 3) Je trace les groupes emboîtés, du plus partagé au moins partagé. 4) Pour comparer deux êtres vivants, je cherche le plus petit groupe qui les contient tous les deux : plus il est petit, plus ils sont proches parents. Je me méfie des ressemblances dues au milieu de vie.

Attention

Rappel du CM. Tu sais déjà observer des êtres vivants, les décrire et les ranger, et tu connais des mots comme « vertébrés » ou « mammifères ». En 6e, tu relies chaque classification à son objectif, tu nommes un être vivant avec une clé de détermination, tu classes à partir d’attributs partagés, en groupes emboîtés, et tu lis des arbres de parenté pour dire qui est plus proche de qui.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Poils, plumes, pattesAttributs et grands groupes : vertébrés, mammifères, insectes.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Les faux amisChauve-souris, baleine, champignons : déjouer les pièges.
    Pas encore joué
    En situationMuséum, marché, appli de plantes : classer sur le terrain.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Détective de parentéTableaux d’attributs, arbres et ancêtres communs.
    Pas encore joué