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/SVT · Sixième/L’humain et la biodiversité

Chapitre 9 · Écosystèmes et environnement

L’humain et la biodiversité

Ce qui abîme la biodiversité, ce qui la protège, et comment juger une information avec esprit critique.

Le cours · 8 notionsExercices · 4

Sommaire

Le cours1. Des actions qui dégradent la biodiversité2. Des actions qui protègent et restaurent3. Résilience et développement durable4. Mesurer et juger avec esprit critiqueLes exercices

Le cours

Des élèves installent un hôtel à insectes et un nichoir dans le jardin du collège.

À quoi ça sert ?

Un hôtel, un nichoir, et des données pour les chercheurs

Ce matin, ta classe installe dans le jardin du collège un hôtel à insectes rempli de tiges creuses et de bûches percées, et un nichoir fixé en hauteur sur un arbre. Au printemps, des abeilles solitaires viendront peut-être pondre dans les tiges, et un couple de mésanges élever ses petits dans le nichoir.

Mais ces abris suffisent-ils ? Que deviennent les insectes si le jardin est tondu ras et traité ? Comment savoir si ton action marche vraiment ? Comprendre ce qui menace la biodiversité, ce qui la protège et comment le mesurer, c’est pouvoir agir utilement, et repérer les fausses bonnes idées.

À retenir

1. Des actions qui dégradent la biodiversité

  • Destruction et morcellement des milieux : constructions, routes, haies arrachées, zones humides asséchées. Les espèces perdent abri et nourriture, et leurs populations sont isolées.
  • Pollutions : déchets plastiques, rejets dans l’eau, et pesticides. Un insecticide tue aussi des insectes utiles : pollinisateurs (abeilles) et prédateurs des ravageurs (coccinelles).
  • Surexploitation : pêche ou cueillette plus rapides que le renouvellement des populations.
  • Espèces exotiques envahissantes : introduites par l’humain hors de leur région d’origine, elles s’y multiplient aux dépens des espèces locales. Le frelon asiatique, arrivé dans le sud-ouest de la France vers 2004, chasse les abeilles ; la jussie, plante aquatique venue d’Amérique du Sud, recouvre mares et cours d’eau lents et prive l’eau de lumière.

À retenir

2. Des actions qui protègent et restaurent

  • Aires protégées : parcs nationaux, réserves naturelles, où les activités humaines sont encadrées.
  • Reconnecter les milieux : replanter des haies (abri, nourriture, couloirs de déplacement), créer des passages à faune au-dessus ou sous les routes (comme les « crapauducs » pour les amphibiens), creuser des mares.
  • Offrir des abris : hôtels à insectes, nichoirs, tas de bois. Ils sont utiles s’il y a aussi de la nourriture autour : fleurs sauvages, fauche tardive, pas de pesticides.

À retenir

3. Résilience et développement durable

  • Un écosystème peut se reconstituer après une perturbation (incendie, tempête) : c’est la résilience. Une forêt brûlée repousse, mais en plusieurs dizaines d’années.
  • Cette capacité a des limites : si la perturbation est trop forte ou trop répétée, le milieu peut se transformer durablement et des espèces disparaître.
  • Le développement durable consiste à répondre aux besoins d’aujourd’hui sans empêcher les générations futures de répondre aux leurs.
Espèces observées : 8Avantmarehaie

1. Une haie et une mare : abris, nourriture et lieux de ponte pour de nombreuses espèces.

À retenir

4. Mesurer et juger avec esprit critique

  • Sciences participatives : avec Vigie-Nature École, programme du Muséum national d’Histoire naturelle, des classes comptent escargots, vers de terre, plantes sauvages de la rue ou oiseaux selon un protocole commun. Les chercheurs utilisent ces milliers de données.
  • Corrélation n’est pas cause : deux choses qui varient ensemble ne prouvent pas que l’une cause l’autre. Seule une comparaison où un seul facteur change permet de conclure.
  • Source fiable : qui parle (organisme scientifique, auteur identifié) ? Sur quelles données ? À quelle date ? Une rumeur ou une publicité n’est pas une preuve.

Exemple

Raisonner pas à pas

Observation. Maël remarque plus de pollinisateurs dans les champs bordés de haies. Hypothèse : les haies favorisent les pollinisateurs. Piège : ces champs sont peut-être aussi moins traités, ou plus fleuris ; la simple observation ne suffit pas. Comparaison : on choisit des champs de même culture, même traitement, même région, les uns avec haie, les autres sans ; on compte les pollinisateurs les mêmes jours, à la même heure, en plusieurs endroits. Résultat (fictif) : 42 insectes en moyenne avec haie, 18 sans. Conclusion prudente : dans ces conditions, la présence d’une haie est associée à plus de pollinisateurs ; comme les autres facteurs sont les mêmes, la haie en est probablement la cause.

Attention

Méthode : juger une affirmation sur l’environnement. 1) Qui l’affirme, et est-ce une source fiable ? 2) Sur quelles données (chiffres, dates, lieux) ? 3) Est-ce un simple lien (corrélation) ou une comparaison où un seul facteur change ? 4) Existe-t-il d’autres explications possibles ? 5) Je conclus avec prudence : « cela suggère », « cela montre, dans ces conditions ».

Attention

Rappel du CM. Tu sais déjà que l’être humain modifie son environnement, qu’il faut trier ses déchets et économiser les ressources. En 6e, tu identifies précisément les causes du déclin de la biodiversité (dont les espèces envahissantes), les actions de restauration, la résilience d’un écosystème, et tu apprends à juger une information comme un scientifique.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Menaces et remèdesPollution, haies, nichoirs : ce qui abîme, ce qui protège.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Fausses bonnes idéesEspèces envahissantes, abris, résilience : éviter les pièges.
    Pas encore joué
    En situationJardin du collège, actualité, réseaux sociaux : agir avec méthode.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Enquête d’écologueDonnées, protocoles, corrélation ou cause : juger comme un chercheur.
    Pas encore joué