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/SVT · Sixième/Qui mange qui ? Les réseaux alimentaires

Chapitre 7 · Écosystèmes et environnement

Qui mange qui ? Les réseaux alimentaires

Construire chaînes et réseaux, comprendre les producteurs et prévoir la disparition d’un maillon.

Le cours · 9 notionsExercices · 4

Sommaire

Le cours1. Chaîne et réseau alimentaires2. Les végétaux, producteurs primaires3. Les consommateurs et les décomposeurs4. Un équilibre fragileLes exercices

Le cours

Dans un potager, un collégien observe une coccinelle dévorant des pucerons sur un plant de fèves, tandis qu’un merle guette sur la clôture.

À quoi ça sert ?

Le potager, un champ de bataille miniature

Dans le potager, tu te penches sur un plant de fèves couvert de pucerons : ils aspirent la sève de la plante. Une coccinelle arrive et les dévore un à un. Sur la clôture, un merle guette : lui cherche plutôt des vers de terre, des chenilles ou des baies. En quelques secondes, tu as sous les yeux plusieurs maillons d’un réseau alimentaire.

Comprendre « qui mange qui », c’est savoir pourquoi un jardinier préfère les coccinelles aux insecticides, prévoir ce qui arrive quand une espèce disparaît, et répondre à une vieille question : de quoi une plante se nourrit-elle, puisqu’elle ne mange personne ?

À retenir

1. Chaîne et réseau alimentaires

  • Une chaîne alimentaire est une suite d’êtres vivants dans laquelle chacun est mangé par le suivant : fève → puceron → coccinelle. Chaque être vivant est un maillon.
  • La flèche signifie « est mangé par » : elle va du mangé vers le mangeur (elle suit le trajet de la matière).
  • Une chaîne commence par un végétal chlorophyllien (ou par ses restes, comme les feuilles mortes).
  • Dans un milieu, les chaînes sont reliées entre elles, car un même être vivant mange ou est mangé par plusieurs autres : elles forment un réseau alimentaire.

À retenir

2. Les végétaux, producteurs primaires

  • Les végétaux chlorophylliens (plantes vertes, algues) fabriquent leur propre matière organique à partir de matière minérale : l’eau et les sels minéraux puisés dans le sol par les racines, le dioxyde de carbone (CO₂) de l’air entré par les feuilles, en présence de lumière.
  • Ils sont donc les producteurs primaires : toute la matière des animaux vient, directement ou non, de celle qu’ils ont fabriquée.
  • Une plante ne mange pas la terre : le sol lui fournit l’eau, les sels minéraux et un support, mais pas sa matière.
  • Les champignons ne sont pas des végétaux : sans chlorophylle, ils ne produisent pas leur matière et se nourrissent de matière organique.
lumièrematière organiqueCO₂ de l’aireau + sels minérauxplantechenillemésangeépervier

1. La lumière du soleil arrive sur les feuilles vertes, qui contiennent de la chlorophylle.

À retenir

3. Les consommateurs et les décomposeurs

  • Les animaux sont des consommateurs : ils doivent manger de la matière organique déjà fabriquée.
  • Herbivores : se nourrissent de végétaux (puceron, lapin). Carnivores : se nourrissent d’animaux (coccinelle, buse). Omnivores : se nourrissent de végétaux et d’animaux (merle, humain).
  • Le régime peut changer au cours de la vie : le têtard est surtout herbivore, la grenouille adulte mange des insectes.
  • Les décomposeurs (vers de terre, champignons, bactéries…) transforment les restes et les cadavres en matière minérale, réutilisée par les végétaux : ils bouclent le cycle de la matière.
RôleSe nourrit de…Exemple
Producteur primairematière minérale + lumièrefève
Consommateurmatière organique (êtres vivants)puceron, coccinelle, merle
Décomposeurmatière organique morte (restes, cadavres)champignon, bactérie

À retenir

4. Un équilibre fragile

  • Si un maillon disparaît, tout le réseau est touché : ses mangeurs manquent de nourriture, ses proies, moins mangées, deviennent plus nombreuses. Sans coccinelles, les pucerons pullulent et les fèves souffrent.
  • Un réseau riche en espèces résiste mieux : un consommateur privé d’un aliment peut se reporter sur un autre.
  • Pyramide : en général, la masse totale des végétaux d’un milieu est bien plus grande que celle des herbivores, elle-même plus grande que celle des carnivores. Une grande partie de la nourriture sert à vivre (bouger, se maintenir en vie) ou est rejetée : seule une petite part construit le corps du mangeur.

Expérimente

Retire un maillon du réseau

Clique sur un être vivant pour le faire disparaître du potager, puis observe l’effet se propager maillon par maillon : qui augmente, qui diminue, qui se reporte sur une autre proie ? Termine en retirant tous les végétaux.

ÉperviersCoccinellesMésangesMerlesHérissonsPuceronsChenillesEscargotsFèvesChouxflèche : « est mangé par »
↑ augmente↓ diminue (ou se reporte)? effets opposés✕ disparaîtcadre en pointillés : effet indirect (risque)

Clique sur un être vivant pour le retirer du réseau, puis suis les flèches : vers l’arrière (ses proies) et vers l’avant (ses mangeurs).

Modèle simplifié : il indique des tendances probables, pas des effectifs. Dans la nature, les animaux ont souvent d’autres aliments et l’équilibre se rétablit en partie.

Exemple

Raisonner pas à pas

Question. Un arbre grossit : sa matière vient-elle de la terre ? Expérience (Van Helmont, vers 1640, simplifiée) : il plante un petit saule d’environ 2 kg dans un pot contenant 90 kg de terre séchée et pesée, et l’arrose seulement avec de l’eau de pluie. Résultat après 5 ans : le saule pèse environ 77 kg ; la terre, séchée et repesée, n’a perdu qu’environ 60 g. Conclusion : la matière du saule ne vient presque pas de la terre. Van Helmont pensait qu’elle venait de l’eau seule ; on sait aujourd’hui qu’elle vient de l’eau, du dioxyde de carbone de l’air (qu’il ne pouvait pas peser) et d’un peu de sels minéraux du sol (les 60 g perdus). Esprit critique : il manquait un témoin (un pot de terre sans arbre, pour vérifier que la terre ne change pas de masse d’elle-même), mais l’écart est si grand que la conclusion tient.

Attention

Méthode : prévoir l’effet d’une disparition. 1) J’écris le réseau avec des flèches « est mangé par ». 2) Je repère l’espèce qui disparaît. 3) Je suis les flèches vers l’avant : ses mangeurs perdent un aliment (ils diminuent, sauf s’ils ont d’autres proies). 4) Je suis les flèches vers l’arrière : ce qu’elle mangeait est moins mangé (et augmente). 5) Je propage l’effet maillon par maillon, en restant prudent : « risque de ».

Attention

Rappel du CM. Tu sais déjà que tout être vivant a besoin de se nourrir, distinguer les régimes alimentaires et écrire des chaînes simples. En 6e, tu découvres que les végétaux produisent leur matière à partir de matière minérale et de lumière, tu relies les chaînes en réseaux, tu places les décomposeurs et tu raisonnes sur les conséquences d’une disparition.

Les exercices

  1. Niveau 1 · Découverte

    Les bases, pas à pas.
    Qui mange qui ?Flèches, maillons, régimes : construire une chaîne alimentaire.
    Pas encore joué
  2. Niveau 2 · Entraînement

    Les pièges classiques.
    Idées reçues au menuLa plante qui mange la terre, le champignon-plante : démêler le vrai.
    Pas encore joué
    En situationPotager, aquarium, actualité : le réseau alimentaire au quotidien.
    Pas encore joué
  3. Niveau 3 · Expert

    Pour aller plus loin.
    Enquêtes dans le réseauVan Helmont, pyramides, disparitions en cascade : raisonner en chaîne.
    Pas encore joué