Chapitre 14 · La Terre, planète active
Séismes, volcans et risques
Comprendre séismes et éruptions, les situer sur le globe, distinguer aléa et risque, savoir se protéger.
Le cours

À quoi ça sert ?
Exercice : tout le monde sous les tables
Trois coups de sifflet : c’est l’exercice du PPMS, le plan de mise en sûreté du collège. Toute la classe se glisse sous les tables et tient les pieds. Sur le mur, le poster de la Montagne Pelée semble surveiller la scène. Yanis chuchote : « Un séisme, ici ? Ça n’arrive qu’au Japon ! » Pas du tout : la France connaît des séismes, surtout aux Antilles, mais aussi dans les Alpes et les Pyrénées.
Comprendre ce qui se passe sous nos pieds, c’est savoir pourquoi certaines régions tremblent ou ont des volcans, pourquoi on construit différemment à Fort-de-France et à Paris, et surtout quels gestes sauvent des vies. Les consignes de l’exercice ne sont pas une formalité : elles viennent de l’étude des catastrophes passées.
À retenir
1. La Terre, une planète active
- Le globe est formé de couches emboîtées : la croûte (mince, quelques km à quelques dizaines de km), le manteau (roches très chaudes, jusqu’à environ 2 900 km de profondeur) et le noyau, au centre (environ 6 400 km sous nos pieds).
- La partie superficielle et rigide du globe est découpée en plaques qui se déplacent lentement, de quelques centimètres par an (à peu près la vitesse de pousse d’un ongle).
- Les séismes et les volcans se concentrent surtout le long des limites de plaques, là où elles s’écartent, se rapprochent ou glissent l’une contre l’autre.
À retenir
2. Le séisme
- Un séisme est dû à une rupture brutale des roches en profondeur, qui se cassent après avoir accumulé des contraintes. Le point de rupture est le foyer ; le point de la surface situé juste au-dessus est l’épicentre.
- L’énergie libérée se propage dans toutes les directions sous forme d’ondes sismiques, enregistrées par des sismographes.
- La magnitude mesure l’énergie libérée : une seule valeur par séisme. L’intensité décrit les effets observés (objets qui tombent, fissures, destructions) : elle varie d’un lieu à l’autre et diminue en général quand on s’éloigne de l’épicentre.
À retenir
3. Le volcan
- Le magma (roche fondue contenant des gaz) s’accumule dans une chambre magmatique, monte par la cheminée et sort par le cratère. Arrivé en surface et dégazé, il s’appelle la lave.
- Éruption effusive : lave fluide, peu de gaz, qui forme des coulées. Exemple : le Piton de la Fournaise, à La Réunion, l’un des volcans les plus actifs du monde.
- Éruption explosive : magma visqueux, riche en gaz, qui explose en projetant cendres et blocs, avec parfois des nuées ardentes. Exemple : la Montagne Pelée, en Martinique, dont l’éruption de 1902 a détruit la ville de Saint-Pierre.
1. Sous le volcan, le magma (roche fondue contenant des gaz) s'accumule dans la chambre magmatique.
À retenir
4. Aléa, enjeux, risque
- L’aléa est le phénomène naturel possible (un séisme, une éruption). Les enjeux sont les personnes, bâtiments et activités exposés. Leur vulnérabilité dit à quel point ils peuvent être touchés.
- Le risque naît de la rencontre des deux : risque = aléa × enjeux. Un fort séisme dans un désert vide fait courir peu de risque ; un séisme moyen sous une ville mal construite, beaucoup.
- On ne sait pas prévoir la date d’un séisme. On réduit le risque par la prévention et la protection : constructions parasismiques, surveillance des volcans par des observatoires (qui peut permettre d’évacuer avant une éruption), cartes des zones à risque, information, exercices.
- Consignes en cas de séisme : s’abriter sous une table solide, loin des fenêtres ; dehors, s’éloigner des bâtiments et des fils électriques ; après les secousses, évacuer sans prendre l’ascenseur.
Expérimente
Magnitude, intensité et risque
Déclenche un séisme, puis fais varier la magnitude, la distance de la ville et le type de constructions. Qu’est-ce qui change partout, qu’est-ce qui change d’un lieu à l’autre ? Et s’il n’y a personne ?
Règle la magnitude, la distance de la ville et le type de construction, puis déclenche le séisme. Avant de lancer : où les secousses seront-elles les plus fortes ?
Exemple
Raisonner pas à pas
Observation. Certains volcans font des coulées, d’autres explosent. Hypothèse : un magma épais (visqueux) retient les gaz, qui finissent par le faire exploser.
Modèle. Hugo souffle avec une paille, toujours de la même façon, dans deux verres : l’un rempli d’eau (le témoin, liquide fluide), l’autre de miel (liquide visqueux). Seule la viscosité change.
Résultat. Dans l’eau, les bulles s’échappent tranquillement. Dans le miel, elles restent piégées, grossissent et éclatent brusquement en projetant des gouttes. Conclusion. Le modèle est compatible avec l’hypothèse : un magma visqueux favorise les éruptions explosives. Attention, un modèle n’est pas le vrai volcan : on le confronte ensuite aux observations de terrain.
Attention
Méthode : évaluer un risque. 1) J’identifie l’aléa (quel phénomène, quelle force, quelle fréquence ?) ; 2) je repère les enjeux (combien de personnes, quels bâtiments ?) ; 3) j’évalue leur vulnérabilité (constructions parasismiques, alerte, exercices ?) ; 4) je conclus : le risque est fort seulement si un aléa menace des enjeux vulnérables.
Attention
Rappel du CM. Tu as découvert que la Terre connaît des séismes et des éruptions volcaniques, et qu’il existe des consignes de sécurité. En 6e, tu décris la structure du globe et les plaques, tu distingues foyer et épicentre, magnitude et intensité, éruption effusive et explosive, et tu raisonnes en termes d’aléa, d’enjeux et de risque.
Les exercices
Niveau 1 · Découverte
Les bases, pas à pas.Niveau 2 · Entraînement
Les pièges classiques.Niveau 3 · Expert
Pour aller plus loin.